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Baal

 
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Althâr Anthâar



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Localisation: Fluocadhil la Morte, terre excentrique à la magie loufoque.

MessagePosté le: Mer Mar 19, 2008 19:46    Sujet du message: Baal Répondre en citant

J'espère que ce RP, pensé et écrit avec Celimbrimbor, célèbrera un regain significatif d'activité de ma part...

Baal d'engagement : Un réveil... Mortel

Il était une fois, sur la lointaine ElPasodhil, trois nains couturiers. Gibbons, Hill et Beard étaient célèbres pour les motifs très détaillés qu’ils étaient capables de coudre sur les vêtements qu’ils créaient. Des paysages montagneux, principalement. Leur célébrité les amena dans leurs jeunes années à quitter leur île natale, alors qu’ils se lançaient dans la conquête de Daifen toute entière afin d’offrir leurs blouses au monde entier. La légende raconte qu’au cours de leur voyage, ils tombèrent tous trois amoureux d’une grange qu’ils s’achetèrent et aménagèrent à leur goût sur une île nommée BBKingdhil, un autre grand blousemanne. Quelques année plus tard, ils rachetaient le territoire entier et le renommaient selon leur envie, ZZtopdhil, du nom de leur désormais fort renommée petite entreprise.

Mais ceci n’est qu’une légende et, le seul fait établi, c’est que ces gens ne sont plus là, béni soit leur souvenir, et que la propriété de cette terre reviendra à celui qui s’en montrera le plus digne ; à celui qui, part sa force et sa bravoure, saura s’imposer comme le vainqueur incontesté de la joute à venir. C’est, à défaut d’une meilleure raison, pour cela qu’Althâr Anthâar a débarqué hier soir sur les rivages abandonnés jusqu’alors de ZZtopdhil, accompagné d’un petit détachement de nains capables, dans l’optique d’ériger dans les plus brefs délais un bivouac et, pourquoi pas, un peu plus tard, un fortin, un fort ou même une forteresse. Quelques heures auront donc suffit à dresser une palissade autour de quatre tentes, elles-mêmes disposées autour d’un tas de branches et de brindilles sèches arrachées à la nature, constituant le foyer à venir d’un joyeux brasier attisé dans l’espoir d’apporter la chaleur à ceux qui sont loin de chez eux. Chez les nains, la première soirée est toujours festive. Que ce soit pour remercier Calypso de la réussite de la traversée ou pour vérifier que les réserves ne se sont pas étiolées en chemin, cette manifestation a pour avantage de vider les têtes, d’attaquer sérieusement les provisions, de détendre les muscles, et de préparer à la dernière nuit paisible avant de nombreuses semaines.

Ce matin, un calme quasi-angélique règne sur le bivouac. Quelques tonneaux roulent de-ci, de-là, entre les tentes, portés par une brise légère mais prenante. Pas un de ses hommes n’est levé, ce qui n’étonne guère vraiment Althâr, mais quelque chose cloche. Alors que ses yeux s’habituent peu à peu à la lumière, plutôt sanguine soit dit en passant, et que les vapeurs éthyles qui engourdissaient jusqu’alors son esprit se retirent peu à peu, il remarque quelque chose, un signe. Un mauvais présage.

« Un soleil rouge se lève… Beaucoup de sang a dû couler cette nuit. »

Et cette odeur qui le prend à la gorge. Une odeur de… La nourriture serait-elle avariée ? Alors qu’il inspecte le campement, sans trop oser déranger ses hommes, Althâr ne repère aucun détail visuel susceptible d’éveiller sa crainte. Son odorat, par contre, est dangereusement mis à contribution… Les bottes ?

Sans vraiment faire attention, Althâr retourne devant les cendres de ce qui avait été la veille au soir un feu de joie acceptable et s’assit, groggy, sur un rondin épargné par les flammes. Sentant le pourpre du Soleil lui taper sur le crâne alors qu’il tente d’identifier une masse sombre à l’Ouest, il ne peut être que soulagé lorsqu’une brise chaude lui caresse le cuir chevelu, accompagnée d’une forte baisse de luminosité. Une brise chaude, certes, mais irritante, piquante… Acide. N’y pouvant plus, Althâr se retourne, insupporté, et…

« Mon nom est Baal, immortel ! La voix du démon tonne dans l’immensité réduite du camp. Mon nom est Baal, et au nom du contrat signé de ta main, tu es mon serviteur, dans ce monde et dans l’autre, jusqu’à ce que ta tâche soit accomplie ! »

Debout à quelques mètres de lui, drapé dans une lourde cape, dégageant une aura de soufre, l’être ne sourit pas. Non pas que cela aurait été plus rassurant pour Althâr s’il avait souri, mais au moins, cela aurait atténué les sombres ténèbres qui semblent sourdre de lui. Evidemment, c’ést un démon. Le nain est suffisamment réveillé pour reconnaître au moins cela. Pas de teint rougeâtre cependant, ni de cornes. Non, l’unique problème c’est l’absence totale d’ombres et de sensation d’humanité. Comme si… Comme si un quelconque cosmique dessinateur avait, de sa gomme, supprimé cet appendice inutile, et s’était au passage épargné quelques menus détails.

Un peu piteux de la veille, Althâr se plonge dans ses pensées à toute vitesse, pour trouver à quoi ce démon peut donc faire allusion. Au bout de quelques secondes particulièrement douloureuses et embrumées, il lui faut bien admettre qu’il n’en sait rien. La voix pâteuse encore, il s’adresse à Baal.

« Salutations ? Hésite-t-il. Le démon s’incline paisiblement. Un bon point. Et donc, vous êtes… Baal ?

- Je suis le démon qui vient porter malemort et violence sur le monde. Je suis l’annonciateur de la destruction. Les trompettes de Jéricho vibrent sur mon ordre d’un jazz d’enfer. La Mort marche à mes côtés. Je suis Baal.

- Hem… Althâr se retint, in extremis de demander si la Mort était, pour l’occasion, en R.T.T. Et donc, Baal, enfin… Que me voulez-vous ? »

Bien plus tard, le fier nain avouera qu’au lieu de poser cette question, il aurait dû essayer de se débarrasser de l’encombrant personnage comme il se débarrasse des témoins de Jéhovah le samedi matin : violemment et dans la douleur.

« Je viens en ces lieux choisis par toi seul te faire appliquer le contrat que tu as signé et pour lequel tu as engagé ton âme et ta vie, immortel ! Althâr ouvre de grands yeux ronds à l’immense satisfaction du démon. Car tu as signé un contrat ! Qu’apparaisse la lourde table de la destinée ! »

Dans un concert de fumée violette qui ne sent pas la rose, d’éclair et de feu, s’élève du sol une tablette en pierre qui vient flotter, presque avec défiance, devant Althâr, où trônent ces quelques mots, frappés au burin infernal.

« Moi, ci-devant Althâr Anthâar, m’engage à servir sans restriction le démon porteur de malemort et de violence, l’annonciateur de destruction, le chef d’orchestre des trompettes de Jéricho, aux côtés de qui marche la Mort, le funèbre seigneur des funestes destins, écraseur de crevettes et massacreur d’espoirs, ci après nommé Baal, et à accomplir son dessein.
Par le présent contrat, j’engage donc ma vie et mon âme, et ne m’estimerai relevé de mon serment qu’une fois que Baal aura accompli son grand œuvre. »

Et en dessous, sa propre signature et des lignes mouvantes et insaisissables qui doivent certainement être celle du démon.

« Je proteste ! Je n’ai pas pu signer ceci ! Je ne me souviens pas avoir donné des coups de marteau si puissants ne serait-ce qu’une fois dans ma vie ! Se défend le nain.

- C’est une copie, soupire Baal. Depuis un certain foutu incident commis par une certaine foutue personne, cette foutue bureaucratie d’en-bas nous interdit de sortir les foutus originaux des archives.

- Mais, commençe Altâr, enchaînant sur tout un tas de “mais” qu’il serait indécent d’écrire.

- Il suffit, Immortel ! Tu as signé, tu assumes.

- J’étais saoul ! Proteste Althâr de tout son cœur.

- Dommage. Susurre le démon. Cela dit, on s’en fiche. Passons à l’aspect technique de la chose. Ton royaume est mon royaume, et ce n’est pas réciproque. Aussi j’ai pris la liberté de remplacer tes ridicules petits nains par quelque chose de plus… substantiel. Les Morts-Vivants, tu verras, c’est tellement mieux ! Ensuite, j’ai besoin d’un certain nombre d’âmes à ma botte. Alors tu vas moissonner, le plus vite possible. La Mort est en R.T.T.

- Non. Crache Althâr en se retournant.

- Pardon ? Tique le démon.

- J’ai dit non.

- Mais… Vous avez signé le contrat !

- J’étais saoul ! Un de mes scribes va étudier le dossier, voyez avec lui.

- Comment ?

- Ca se passe comme ça et pas autrement. J’ai un Royaume à faire tourner, une guerre à gagner, alors t’es gentil, tu viens pas me les briser menu avec tes histoires de soumission et de servitude. Donc, pour faire simple, tu me rends mes forgerons fissa, tu arrêtes de gonfler tes pectoraux, c’est indécent, et alors seulement y’aura éventuellement une chance que j’écoute plus avant tes bêtises. En attendant, salut ! »

Et Althâr de retourner sous sa tente prolonger sa nuit, en espérant qu’à son réveil il ne se souviendrait pas d’un cauchemar aussi crétin.
_________________

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Althâr Anthâar



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MessagePosté le: Lun Mar 24, 2008 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

Deuxième Baal : A la Recherche de la Nouvelle Tare

« Tout le monde sait que Dieu est noir, que le Diable est une femme et que mon zizi était une clé. »
Golmen Bher, écrivain.

« MAIS CA NE VA PAS ! CA NE VA PAS DU TOUT ! DU TOUUUUUUUUUUUUT ! AH NON NON NON ! »

C'était un cri du coeur. Baal était excédé devant l'incompétence du moins que rien qui, tantôt plein d'espoir mais désormais terrifié, avait osé venir se planter devant lui et lui faire perdre son précieux temps. Le manque d'originalité de cet incapable était effarant, de même que son apparence : humaine...

« Sais-tu seulement ce qu'on recherche ? Sais-tu seulement pourquoi tu es ici ?, demanda Baal, d'un ton méprisant.
- Bah euh... Je suis pas d'accord moi..., murmura le candidat.
- Pardon ? PARDON ?
- Je suis très connu dans mon plan hein... Et j'ai des fans et tout...
- MAIS JE M'EN FOUS ! Tu es nul ! Nul ! Du talent, les mondes en manquaient avant ton ascension ! Et tu sais quoi ? Depuis que t'es là, ils en manquent toujours !
- Eeeeeeeeeeeeeet... COUPEZ ! C'est dans la sphère ! »

Alors que le clap se refermait devant l'ovobjectif, oeil ovoïde télépathe muni d'une excellente persistance rétinienne, magné de griffe de maîtresse par une camérarpie hilare, le candidat, répondant au doux nom de Joni, fondait en larmes. La Nouvelle Tare est une audition inter-planaire qui invite tous les êtres de nature ou de comportement, éventuellement d'aspiration, démoniaque à imaginer et présenter à un jury composé de Baal (ou Kyan), Lilith, Mary Fess' (depuis que les gentils ont gagné sur Certadhil et Miséricordhil) et Zagam (en qualité de président élu démoncratiquement des enfers), une tare, une malédiction ou un fléau totalement inédit qu'ils pourraient déverser sur les mondes. Le gagnant de la précédente édition étant le célèbre Drazankhar, qui avait fait l'unanimité avec son idée d'industrialiser les processus de résurrection dans le but de conquérir Daifen et quelques autres mondes, le jury était devenu particulièrement exigeant, et l'on s'attendait à une recrudescence de candidats tous plus ingénieux les uns que les autres. La récompense étant de 3D6x10.000XP et un soutien logistique pour application de la nouvelle tare, les candidatures étaient effectivement devenues innombrables, mais l'effet en avait été inverse : peu de concurrents concurrentiels et un niveau général frisant l'humainement acceptable, voire le politiquement correct.
Donc, alors que le clap se refermait devant l'ovobjectif le temps d'une page télépathétique de publicité, Joni, alité, était évacué par les services amédicaux, démoli qu'il était par la dure vérité, et un Officielfe Noir se présentait devant Baal, un sourire énigmatique gravé sur le visage et une flûte de Sang-pagne à la main.

« Ah bah voilà une gentille Elfette, c'est qu'ils me donnent soif ces mignons !, s'exclama Baal.
Euh..., hésita le messager.
- Bah quoi ? Donne !, éructa le juré.
- Non mais c'est qui ce guignol ? Je suis UN Elfe, Noir, officiel de plus ! Cette flûte est à moi et, pour votre gouverne, je dois avoir dans les mille ans de plus que vous de même que quelques centaines d'XP, aussi, dont la plupart sont allés se fourrer dans la capacité spéciale « Empoisonnement efficace mais discret ». CA, c'est pour toi, tocard ! »

Et l'Elfe de lui remettre un parchemin scellé par le sceau matriarcal. Intrigué par l'importance qu'allait sûrement revêtir l'information contenue par cet impormptu rouleau tout en appréciant les formes de l'arrière train de l'Officielfe qui s'éloignait, Baal fût soudain étreint simultanément, et paradoxalement, par deux sentiments : une troublante anxiété et une délicieuse excitation.

Mais avant de vous parler de ce qu'il y avait dans cette fameuse lettre, il est nécessaire de vous situer quelque peu le contexte.

Les temps étaient durs pour les démons. Des armées de paladins assoiffés de sang parcouraient le monde, à la recherche de gloire, de hauts faits et d'héroïsme. La meilleure façon pour ce faire, comme indiqué dans le plan de carrière qui leur est fournit dès qu'ils ont signifié leurs voeux, était de massacrer, détruire, annihiler, complètement pourrir et tuer jusqu'à ce que mort s'en suive tout ce qui ressemblait, de près ou de loin (les ordres ne sont jamais trop regardants sur la marchandise), à un démon. Ce qui, dans pas mal de villages, se trouvait inclure le rebouteux du crue, quelques clercs sodomites, et un bon paquet de roux.
Seulement, dans ce petit monde de furieux de la Holy Avenger, l'épée, se trouvaient quelques braves héros qui, eux, avaient la fibre, la vocation. Ils défendaient la veuve, sans lui passer dessus, contrairement à certains de leurs confrères, et plaçaient l'orphelin dans des maisons de charité plutôt que de le foutre à la baille ou de s'en servir comme appât. Mais le pire, c'est qu'ils savaient reconnaître un démon. Combien étaient tombés sous leurs coups ? Le petit-démon-mineur-des-choses-qui-disparaissent, Murphy-le-poissard, le-charmant-déclencheur-de-bagarre, le-démon-de-midi-moins-le-quart, et beaucoup d'autres. Draznkhar, notamment.

La petite entreprise démoniaque connaissait bien la crise, et il fallait impérativement découvrir de bons jeunes avec la flamme sacrée... Hem, pardon, avec la flamme maudite, pour relancer le fonds de commerce. Et donc, l'émission La Nouvelle Tare arrivait à point nommer.

L'injure ne sera pas faite de tout vous expliquer de nouveau. Voici, cependant, le coeur du problème.

Les coûts de production d'une émission intra-planaire sont énormes. Le staff (technique, bande de sales druides, pas le bâton) l'est tout autant. Le cachet demandé par les membres du jury ferait pleurer n'importe quel Crésus. Enfin, les pressions sont nombreuses sur les têtes des dirigeants. (Ben ouais, les dirigeants sont multicéphales, parfois multiplement microcéphales, ET carnivores.) L'holocéphalodiffusion, c'est bien, ça touche du monde, mais le coût d'élevage des ovobjectifs est incroyablement élevé. Sans parler du coût de stockage des bandes, tout étant retranscrit pour archivage... Cela a même, dans les premiers temps, poussé les démons à inventer une nouvelle forme de damnation pour les humains, et ainsi naquirent les écoles de commerce...
Enfin bref, l'impératif ultime est celui de l'holodiance. Il faut en faire. Si une émission telle que La Nouvelle Tare, à l'heure de pointe, touche moins de 35% du P.A.D. (paysage audiospirituel démoniaque), elle est produite à perte. Voilà précisément la raison pour laquelle ce brave elfe à la bipé plus ou moins invertie (ça dépend des périodes, de l'orbite de la lune, de l'intensité des secousses sismiques, du sens du vent et de l'âge du capitaine) était venu trouver, là, maintenant, enfin, plus haut, Baal.

Baal n'était, à cette époque, pas encore le démon que l'on connaît aujourd'hui. C'était un simple fonctionnaire, qui, en astiquant les bons tentacules, avait bien mené sa barque pour se faire une place loin du soleil. Diplômé d'une très grande école d'esthétique démoniaque, il avait un goût certain en matière de femmes et d'effrayance. Aussi la production (Endemonol) l'avait recruté pour être membre du jury qui allait trouver le nouveau Drazankhar (les anciens ayant été tués lors d'un tragique accident d'eau bénite).
Mais Baal avait le défaut de sa qualité : il était beaucoup trop exigeant, et les candidats, les vrais, ce qui manquaient de confiance alors qu'ils étaient pétris de talent, se faisaient de moins en moins nombreux. Non seulement il avait une tendance marquée à massacrer unilatéralement (sauf une ou deux fois) les candidats qui ne lui plaisaient pas, mais en plus il n'amusait plus l'holodiance. Dès lors : placard.

Fin de la pause image, retour à l'histoire.

Les yeux de Baal s'ouvrirent à ce moment-là, selon témoins, comme des soucoupes à la vue la proposition de salaire qui figurait en bas de la page. Muté aux archives, pour un C.D.D. (Contrat démoniquement durable), il toucherait par semaine l'équivalent de huit mois d'XP dans cette émission pourrie. Sans plus réfléchir, il enfonça le démonicrophone dans l'appendice anal du pauvre candidat, sous l'ovobjectif ravi, et fila sans demander son reste, non plus que ses indemnités de licenciement.

La suite, pauvres de vous, vous allez la savoir...
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MessagePosté le: Lun Mar 24, 2008 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

Troisième Baal : Double Faute, Premier Service

« Ma femme m’a quitté, mais je m’en contrefiche ! » Hurla Baal en enfonçant la porte du Heaven’s Bar, à la stupeur générale. Ben quoi les gars, continue-t-il. Z’avez jamais vu quelqu’un d'heureux ? Tournée générale ! »

Aussitôt, tout le monde se jeta dans le plus grand désordre vers le zinc, agressant littéralement le tenancier de commandes. Et quand je dis littéralement, cela signifie qu’une bande de démons pas forcément mineurs lui balancèrent en pleine tronche mot de pouvoir sur mot de pouvoir.

Une fois le miroir recouvert d’une substance que la décence m’interdit de décrire… En fait non.
Une fois le miroir recouvert d’une substance étrange, plus ou moins verdâtre, mais avec quelques tendances à virer au jaune ou au rouge le plus vif par endroits, granuleuse aussi là où aux fluides biologiques du pauvre barman [Pour la petite histoire, il faut savoir que n’importe quel être ne peut pas répondre à plusieurs mots de commandement en même temps : un, cela passe. Deux, encore. Au-dessus, l’issue est fatale : le corps se lance dans toutes[i] les tâches demandées en même temps. Alors, imaginez ce pauvre barman et la grosse vingtaine de commandes. D’où la substance.] s’ajoutaient des lambeaux de peau, des morceaux de cornes, voire des résidus de cervelles ; les clients se servirent eux-mêmes tandis que Baal, un peu penaud et franchement hilare surtout, s’éclipsait avec toute la discrétion dont il pouvait être capable avant que la Brigade Anti Débordement n’arrive.

Évidemment qu’il s’en fichait que sa femme l’aie quitté. Même si elle était un avatar tentaculaire du lucre et du vice, au bout de cinq siècles de mariage et d’un ou deux siècles de plus de vie commune, il en avait fait le tour. Place à un nouveau Baal, plus libre, plus grand, plus fort, plus audacieux, dont la femme ne le tromperait pas avec le dentiste, le plombier et le petit livreur de lait de bouc [i]en même temps
 !

Place, donc, à un Baal célibataire et archiviste.

Bien sûr, dit ainsi, cela ne sonne pas très bien. Et si je payais pour lire ce genre d’âneries, je vous assure que je massacrerai les auteurs à la pelle. Ou à la boule de feu. Au choix. Mon cœur balance, en fait. La boule de feu, c’est très pratique mais bon, ça ne laisse pas de traces sinon un tout petit tas de cendres, et encore, pas toujours, cela dépend de la puissance avec laquelle on la lance, ce qui fait que généralement, moi, je me retrouve avec simplement un peu de roussi sur le sol. Et rarement encore. Tandis que la pelle... La pelle, tout de même, c’est autre chose. C’est plus artisanal, on y met beaucoup plus de passion et de grandeur. La pelle, c’est jouissif : le coup de tranche, le coup de plat, tant et tant de manières de massacrer joyeusement ! Mais je m’égare.

Les archivistes infernaux ont sans doute le travail le plus complexe et responsabilisant qu'on puisse trouver dans le multivers. Être archiviste consiste à classer. Ce qui en soit, bien sûr, n’est pas bien difficile. Mais rappelez-vous que « classer », c’est intégrer de l’ordre dans les choses. Or, comment intégrer de l’ordre en enfer, c’est-à-dire précisément au point du multivers qui ne supporte pas l’ordre ? C’est un coup à se prendre un retourné claqué des lois physiques en pleine pogne. D’où le salaire démesuré. Et la demande de talent.

Car il ne faut pas croire, surtout, que Baal est un incapable de premier rang. Au contraire : il est intelligent. Très intelligent. Brillant même. Un esprit comme il en existe peu. Il est capable de trouver des problèmes pour résoudre une infinité de solutions. Lors de la dernière crise démonique majeure, alors qu’il n’était encore qu’étudiant sur les bancs de la classe préparatoire, il avait formulé, en quelques jours, l’échappatoire que le Conseil Démoniaque mettrait deux mois à trouver. Un esprit tellement brillant qu’il est un des rares, en ce monde de chaos, à réussir à concilier les concepts d’ordre et de désordre. [Précisons ici qu’un démon quelconque, mis à part peut-être Rek, mais il n’est pas quelconque lui, exploserai à l’idée même d’ordre. Quant à conceptualiser l’ordre dans le désordre, l’inverse ou la réciproque… Cela, cependant, demeure un moyen assez amusant de se débarrasser de n’importe quel démon et de repeindre les murs de sa cuisine dans des tons originaux. La réalité fait mal. Très mal.]

Ainsi, aux archives, il accomplissait un boulot du tonnerre de… D’enfer. Les rayonnages multidimensionnels de l’immense bibliothèque n’avaient jamais été aussi bien rangés que depuis sa nomination. Certes, au début, il avait fallu être très clair avec les démons qui venaient y faire leurs recherches, et leur apprendre à ne pas penser à l’ordre. Baal n’aimait vraiment pas retrouver de morceaux sur les livres. Non plus que des flaques étranges sur ou sous les plans de travail. Enfin, bref.

Tout ça pour dire que Baal faisait son travail avec maestria, et que les XP tombaient. Défringolaient, même. Chaque mois. Avec une régularité inquiétante, Baal recevait son salaire de 400000XP. Impressionnant, non ?

Ce qui est vraiment impressionnant, c’est que tout pris par son boulot, Baal ne les répartissait pas ! Il les laissait s’accumuler stupidement dans un coffre de la Demonic Bank of Demonic Land, sans jamais s’en préoccuper. Il était trop occupé à ranger le désordre auto-reproductible des archives. Aussi, bien qu'étant potentiellement l'un des plus puissants démons de l'histoire multiverselle, il n'en demeurait pas moins un jeune démon de second ordre terriblement, terrifiquement intelligent.

Une précision s’impose ici. Des chercheurs, du haut de leur savoir, ont édicté que la génération spontanée n’existe pas. Imbéciles. Dans les archives (démoniaques ou pas d’ailleurs) la génération spontanée existe. Le chaos naît de lui-même, sans qu’on lui demande, et se reproduit tout seul, comme un grand. Faites l’expérience : rangez précisément vos livres sur des rayonnages, scrupuleusement. Fermez la porte et revenez, mettons, une semaine plus tard, en ayant empêché quiconque de rentrer. Le désordre régnera. Incroyable, non ? A noter : le même principe d’auto-reproduction du chaos s’applique aux chambres des adolescents.

Un boulot à plein temps, donc, qui empêchait Baal de faire attention aux choses de la vie. Comme par exemple ces deux démons qui, bien innocents, s’amusaient à allumer en douce des incendies dans le cœur des deux jeunes démones juste à côté d’eux. Spectacle touchant que la parade nuptiale de ces êtres inoffensifs, qui se préparaient à s’aimer et se chérir, ou pas, jusqu'à ce que mort s'en suive. Miracle toujours renouvelé de la nature qui séduit les âmes et déchaîne le feu des passions.

Au sens figuré normalement, mais selon le principe bien connu dit de « «littéralité des lieux communs dans un espace fortement magique », les archives prirent feu.

Communément, ici, les auteurs auraient voulu placer une longue, très longue description de l’incendie, des livres qui hurlaient au feu tandis que les démons archivistes se tortillaient de douleur sur leurs rayonnages. Je vous prie de le croire, les auteurs auraient vraiment voulu décrire comment le feu, d’abord faible et contenu dans la salle des livres pour enfants, était devenu de plus en plus intense, dévorant dans un premier temps cette maudite salle, attisant sa flamme par des ouvrages sacrés enfin, pas au sens religieux, plutôt genre incontournables, tels que « Petit démon deviendra grand », « Manuel de torture pour les tout petits » ou encore « Le paladin, la holy avenger et le souffle du diable ». Nous aurions vraiment apprécié de pouvoir vous expliquer de quelle manière insidieuse le feu avait pu combattre les secours, prétendant s’arrêter, s'essouffler, à leur approche, se dissimulant derrière des étagères ignifugées, sournoisement, attendant les vaillants soldats de l’eau, et bondissant soudainement sur eux dans un souffle putride pour les dévorer sans pitié aucune. Cela aurait été un plaisir de ne pas vous épargner les hurlements des pauvres âmes faméliques torturées par le feu maléfique, plus ou moins magique, qui les brûlait sans les tuer encore, se gargarisant de la souffrance de ces pauvres hères, gagnant encore en puissance à mesure qu’il tuait et tuait, et tuait encore. Sincèrement, du plus profond de notre cœur, nous vous assurons que vous décrire l’incendie et comment finalement il parvint, en cet instant précis du récit, à détruire les archives en entier, ne laissant des bâtiments autrefois glorieux qu’un large tas de déchets légèrement fumés, aurait été notre plus grand plaisir. Vous expliquer comment Baal échappa miraculeusement à la mort en se faufilant sous des sièges, se protégeant derrière des gamins de passage, affrontant même le feu de ses mains nues (ce qu’il ne fera pas deux fois, notez bien), comment, sautant du quatrième étage pour sauver sa vie, se rétablissant dans les airs, plantant ses griffes (fournies à la naissance à tout démon) dans la pierre dure pour ralentir sa chute, il survécut, tout cela nous aurait délicieusement fait plaisir mais nous avons le regret de devoir le résumer ainsi.

Le feu prit dans les archives. Il dévora tout le bâtiment. Baal s’en sortit miraculeusement…

...Pour tomber dans les griffes de la justice. De Justice, pardon. Justice Von Remur. Démon très expérimenté. Très très expérimenté. Très griffue aussi. Non, nous ne l’a décrirons pas. Pas envie. La flemme, ouais.

L’incendie des archives n’avait pas de coupable. Ce qui pour Justice, était inconcevable. Par contre, il avait un responsable, responsable qui coûtait très cher à l’administration. Dont Justice était la connétable, aussi, en plus d’être la porte parole.

Baal fut donc accusé d’avoir laissé se répandre le feu, et ergo de l’avoir laissé dévorer la bibliothèque. Sa défense consistant à dire : « J’étais en train de mettre de l’ordre dans le département quantique » ne tenant pas la route, il fut condamné. Justice lui retira sa fiche de perso sans lui permettre d’ajouter les innombrables points d'XP qu’il avait pu accumulé pendant les deux trois siècles qu’avaient duré son emploi (admirez l’ellipse : deux trois siècles en une demi page. Fortiches, les auteurs, non ?), stipulant que s’il voulait la récupérer, il allait devoir fournir à Justice, qui avait une petite faim, six cent soixante six âmes, et pas une de moins. Fraîches, de préférence.

Voilà donc que notre pauvre Baal se trouvait à la rue, et sans aucun pouvoir.

Ce qui est pitoyable, n’est-ce pas ?

Si vous avez réussi à nous suivre jusqu'ici, vous serez heureux de comprendre enfin quelque chose à propos de cette histoire. Ce jour précis qui avait vu Baal nommé au poste d'archiviste à l'Institut Démoniaque des Archives l'avait aussi vu recevoir quelques menus privilèges. Parmi ces privilèges, une demie douzaine de formulaires d'Allégeance. Ce jour précis qui avait vu sa promotion – mise au placard diront certains – avait aussi vu sa femme le plaquer. Et c'est précisément le soir de ce jour précis qu'il débarqua au Heaven's Bar, prêt à prendre un nouveau départ dans la vie. Tout ça, vous l'avez, je l'espère, compris.

La causalité, on est pas là pour vous expliquer comment ça marche. Cependant, ça entraîne parfois l'occurrence d'évènements, théoriquement complètement distincts, simultanément, entraînant l'occurrence d'un seul et unique événement directement causé par l'occurrence simultanée des précédents éléments qui eux, finalement n'étaient pas si distincts qu'on aurait pu le croire.

Dans le cas qui nous concerne, ce soir là, précisément, au Heaven's Bar, un vieux nain avait lui aussi quelque chose à fêter. Althâr Anthâar venait d'être élu Mister Daifen et, après une cérémonie en grandes pompes, il n'avait pas trouvé meilleur endroit que le Heaven's Bar pour partager sa joie avec le multivers – la taverne étant déserte à ces heures tardives.

Au moment précis où Baal offrit sa tournée générale à la populace en ce lieu réunie Althâr, sentant le mauvais coup venir, se téléporta derrière le bâtiment. Quelques instants plus tard, Baal, s'étant adroitement faufilé, dégommait la porte de derrière et s'écrasait dans une flaque de boue, aux pieds du nain, surpris. Aussi, l'aidant à se relever et ayant encore quelques tonneaux à vider pour pouvoir considérer qu'il avait effectivement dignement fêté sa victoire, Althâr lui proposa d'aller finir la soirée à la taverne, où ils pourraient discuter.

Quelques heures plus tard, Althâr Anthâar, saoul comme une barrique, s'engageait à servir sans restriction le démon porteur de malemort et de violence, l'annonciateur de destruction, le chef d'orchestre des trompettes de Jéricho, aux côtés de qui marchait la Mort, le funèbre seigneur des funestes destins, écraseur de crevettes et massacreur d'espoirs, Baal, et à accomplir son dessein. Par le contrat qu'il venait de signer, et les précédents chapitres nous ont appris qu'il ne s'en souviendrait pas, il engageait donc sa vie et son âme, et ne devrait théoriquement s'estimer relevé de son serment qu'une fois que Baal aurait accompli son grand oeuvre.

Ceci explique bien des choses, non ? Et ensuite ? Le temps d'y penser et on vous tient au courant !
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Althâr Anthâar



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MessagePosté le: Ven Mai 02, 2008 11:52    Sujet du message: Répondre en citant

Quatrème Baal : L'Avocat du Diable

Quand Althâr se réveilla, rien n’avait changé. La même odeur immonde de corps en décomposition planait dans son campement, et avait même réussi à se frayer un chemin jusque dans sa tente, tandis que les morts qui ne pouvaient plus gésir, eux, étaient occupés à vaquer de droite et de gauche, dodelinant de la tête dans une parodie de vie lente et perturbante pour tout homme dépourvu d’une solide armure, d’un certain pouvoir ou d'un fort taux d'alcoolémie.

Althâr ne portait pas d’armure, en tout cas pas au saut du lit, mais il possédait quelque puissance mystique assimilable à un pouvoir certain. Aussi, quand il mit un pied en dehors de son logis de fortune, il ne fut en rien effrayé par les affreuses goules déjà rongées d’humidité que le soleil du matin lui découvrit, tout juste incommodé. Il arborait cependant des sourcils aussi froncés que son nez, qui cherchait vainement à s'affranchir de la puanteur morbide environnante.

Ces hommes, ces précieux nains, des goules ! Il n’avait donc pas, comme il l'avait secrètement espéré, cauchemardé. La réalité était telle. Il cligna lentement des yeux, très lentement, comptant calmement jusqu’à dix.

« Bonjour, mortel. Baal te salue. »

Althâr rouvrit les yeux pour découvrir le démon, droit comme un i, devant lui, accompagné d’un petit être étrange à la peau grisâtre. Le regard du seigneur dragon s’attarda sur cette créature bizarre, à la peau grise et au teint blafard, le visage dévoré par une paire de lunettes aux verres épais et à la monture qui témoignait, si le sourire forcé de la chose n'en disait pas assez long, d'un manque total d’humour. Les yeux froids, gris aussi, plissés de l'individu, enfoncés tels des clous sous de massives arcades plantées de sourcils broussailleux qui se rejoignaient en une fine ligne noire quand ils étaient froncés, semblaient s’ouvrir non sur le monde mais sur une terre inconnue, certes, mais indéniablement maléfique. Dégarni sur le haut du crâne, chauve ou presque, le sinistre individu tenait, serré entre des mains qui paraissaient des griffes, un truc rectangulaire noir et brillant, antédiluvien aurait-on dit – on apprendra sous peu ce qu'était ce truc. Antédiluvien semblait aussi son costume, sans doute à la dernière mode d’il y avait des éons. A la vue de cette créature, Althâr frémit, saisit d’un sentiment étrange.

« Laissez-moi vous présenter typiton, énonça calmement Baal. Je l’ai déniché dans les turpitudes des Enfers. C’est mon avocat. Crut-il bon de préciser. »

Althâr eut un tic nerveux.

« Mon client m’a fait venir depuis l’Enfer pour m'occuper d'un contentieux qui me semble plus que louche, Monsieur Anthaâr, aussi, si vous le permettez, je voudrais que nous nous asseyons ensemble autour d’une table pour en discuter calmement, car voyez-vous il n’est pas de problème, aussi épineux soit-il, qui ne puisse être résolu par une étude opiniâtre et farouche du cas, ainsi que par la collaboration d’esprits brillants qui peuvent, si le cœur les en dit, s’écouter paisiblement, se nourrir les uns les autres, permettant à l’ensemble d’être plus perçant que la somme des parties et ainsi de trouver des solutions que l’on n'aurait pas attendu de l'individu isolé et qui souvent se révèlent plus surprenantes que le problème en lui-même, problème qui évidemment peut tout simplement se résoudre pûrement et simplement quand les parties en viennent à s’entendre comme par miracle, et combien ai-je connu de ces cas où, après des heures, des mois voire des années de discussions incessantes et non constructives, le cas se résolvait tout seul, sans qu’aucune des parties ne fut morte ou abattu par l’autre, et c’est pour cela que je vous enjoins… »

Althâr jeta un regard désespéré à Baal.

« … car c’est par la réunion que nous seront forts et vaillants et que nous triompherons de ce qui vous préoccupe, préoccupation, et j’ose le dire, qui me paraît bien exagérée, voyez-vous, car j’ai jeté moi-même un petit coup d’œil sur le dossier complet et je dois vous avouer que je ne peux pas comprendre d’où vient votre incompréhension ni ce qui suscite votre refus de vous plier aux termes du contrat que vous avez passé, à vrai dire, contrat solide, écrir de la main d'un spécialiste, d'un maître dirai-je même si elle n’avait été la mienne, la décence m’interdisant d’ainsi me célébrer moi-même, cela étant du plus mauvais effet, vous en conviendriez bien… »

Althâr chercha une hache du regard ou un gantelet d’armure à écraser sur l’immonde avocat.

« … cependant je vois que vous ne vous passionnez pas pour ces petits détails qui font tout le sel de ma profession, aussi vais-je rapidement passer sur la description de ce contrat pourtant de toute beauté pour en venir au fait le plus simple, le plus pur, le plus beau que je puisse énoncer : vous vous êtes complètement fait avoir. »

L’avocat se tut ici, arborant un sourire non plus forcé et démoniaque. Althâr grogna lentement, tandis que la main de Baal se posait sur son épaule.

« Alors, si on reparlait de mes 666 âmes ? »

Tiens, c'est l'heure de la pub. Pourquoi une pub, me direz-vous ? Eh bien, pour plusieurs raisons. Non ! Sincèrement, ce n'est pas uniquement pour que le chapitre atteigne une taille respectable, car je vous garantis qu'en continuant avec cet incroyable flot de conneries ça ne sera pas obligatoirement un problème. C'est juste qu'on s'est dit que ça serait pas mal, et voici d'ailleurs quelques éléments de justification. Premièrement, les auteurs ont besoin de quelques minutes pour réfléchir à ce qui va se passer après. Ensuite, pour ceux qui ont la vessie grosse comme un lampion, c'est le moment d'y aller, vous allez rien louper. Enfin, on va pouvoir vous prouver que chez ÂK. Publishing, on n'est pas que drôle, on n'est pas que beau : on fait aussi dans le drame familial, dans le drâme sentimental, dans le drame épique, le drame piquant, le dramatiquement incorrect et malsain, le drame mystique ou dérangeant, le drame diététique et bien-sûr le drame porcin. Parcequ'on sait ce que signifie la croix rose, on a pour vous une exclusivité :

AMAN

C'est l'histoire d'une femme qui aime son mari éperduement et qui jamais n'a douté de lui.

C'est l'histoire d'un mari qui, croûlant sous d'injustes dettes, va conduire sa famille au bûcher.

C'est l'histoire d'une fillette qui, échappant miraculeusement au brasier, verra ses parents brûler dans les flammes d'un enfer où ils n'auraient jamais dû se trouver, voyant ainsi son enfance partir en fumée.

Cette fillette, Aman, découvrira bien trop vite la puanteur d'une ville qui la rejette, s'enfonçant peu à peu dans les viscères malades d'une société décadente et malhonnête, où elle trouvera pourtant la lumière, dans les bras d'une vieille meneuse de revue à la tête d'un bordel en vue, et qui en fera sa protégée.

Bien vite elle apprendra ce qu'une bonne éducation coûte dans pareil milieu, et tout aussi vite elle s'en accomodera, voyant en la vie un jeu dont les règles sont bien simples : du bon temps pour de l'argent, de l'argent pour de la drogue, de la drogue pour du bon temps.

Aman, à l'aube de ses 18 ans, sera une fille cultivée, éveillée aux choses de la vie, immunisée au malheur, tant elle en a vu. Pour rien au monde elle ne voudra échanger son Empire d'excès et l'amour de sa mère adoptive. Et pourtant, sur un coup de dé, tout lui sera pris. Encore.

Deux clients du bar assistant au drame lui offriront leur protection, et débutera alors un nouveau cycle pour celle qui aura déjà tout perdu deux fois avant même d'entrer dans le monde des adultes. A l'enfance tronquée et à l'adolescence débauchée succèdera une nouvelle vie d'aventure, de danger, de sang et de gaieté.

" Et dire qu'on va encore entrer dans la légende..."

Avec comme protagonistes principaux Celimbrimbor, Althâr Anthâar et la toute jeune Aman, primée au festival interplanaire de la jeunesse dorée pour son interprétation sanglante de Dawn, la princesse mortelle, sur une idée originale du Pr. Tolkien qui en aura confié la rédaction à Celimbrimbor et Althâr Anthâar, une épopée sincère, bientôt sur vos écrans !

« Non »

Baal n’entendit pas tout de suite la réponse douce mais ferme du seigneur nain. Plutôt, il se déroula un phénomène physique extrêmement fréquent et intéressant, sans explication aucune, que nous allons tenter d’illustrer ici. Baal, tellement persuadé qu’Althâr n’allait pouvoir qu’abonder dans son sens, et dès lors répondre « oui », était aussi éloigné que l’on peut l’être d’imaginer que le nain allait dire « non ». Dès lors, quand ce simple mot franchit les lèvres du seigneur, la réalité telle que Baal la voyait, l’attendait, la prédisait même, fut frappée d’extinction. Or, on ne tue pas une réalité comme cela. Elle a une certaine tendance à vouloir se défendre férocement. Frustrées d’être passées du statut de potentialités probables à celui de possibles non advenus, les suppositions de Baal entrèrent de plein fouet en conflit avec l’affirmation [La négation, non ? Enfin, je veux dire, même si Althâr dit « non » avec la force d’une affirmation, c’est tout de même une négation, n’est-ce pas ?] avec la négation [Permets-moi te de répondre que je ne suis pas d’accord. Stricto sensu, je te suis, il s’agit bien d’une négation, mais là, elle se transforme en affirmation, puisque par ce « non » Althâr affirme qu’il ne veut pas renouer le dialogue avec Baal. Donc] avec l’affirmation [Tout de même, c’est prendre une liberté linguistique audacieuse et presque fallacieuse. La langue à ses règles, ses coutumes...] avec la négation [Certes oui, mais, premier argument : je suis celui qui narre, et, second argument, si tu continues à me casser les pieds, je bouledefeu.] avec l’affirmation d’Althâr.

Aussi, ce ne fut pas « non » que Baal entendit. A vrai dire, il n’entendit rien. Les lèvres bougèrent, mais sans qu’un son en sortît, du moins pour les oreilles de Baal. Qui se crût donc obligé de demander :

« Comment ?

- Non, j’ai dit. La voix d’Althâr était douce, et ferme. Et charriait des glaçons. Voire des icebergs. Mettons que la quantité de glace qu’elle contenait faisait passer la banquise et les fjords les plus majestueux pour des cubes à rafraîchir des boissons anisées que l’on boit sur la terrasse généralement en été.

- Mais tu n’as pas le choix. Contra Baal. Le contrat [Très drôle.] [Merci] est clair.

- J’ajouterai, s’empressa d’ajouter [Tu deviens lourd] [C’est moi qui narre] l’avocat démon Typiton, qu’il est plus que clair, il est limpide. »

Le pauvre hère, incapable de voir que la colère d’Althâr enflait, ouvrit sa mallette étrange.

« Attendez que je le démarre, il est un peu long à sortir de sa veille, mais je vais vous montrer le document aussi vite que possible. Evidemment, c’est un pdf, aussi ne sera-t-il pas modifiable, mais si vous le souhaitez, je prendrai en notes toutes vos remarques et me ferai joie de les apporter en addenda au contrat, tant qu’elles ne nuisent pas à l’objectif premier dudit contrat qui stipule, je vous le rappelle, que vous vous engagez à aider Baal [Tu ne vas pas remettre les titres de noblesse, quand même ?][Flemme. Quoique...], le démon porteur de malemort et de violence, l'annonciateur de destruction, le chef d'orchestre des trompettes de Jéricho, aux côtés de qui marche la Mort, le funèbre seigneur des funestes destins, écraseur de crevettes et massacreur d'espoirs, à réunir six cent soixante et six âmes.

- Non. Répéta Althâr, obstiné.

- Ah, mais mon bon monsieur, ce n’est pas une proposition. Repartit l’avocat. Regardez plutôt. »

Il tourna vers Althâr sa mallette désormais ouverte en deux, un côté brillant d’une lueur verdâtre et maléfique et l’autre couvert de petites inscriptions qui ressemblaient vaguement à des runes ou des lettres. Typiton escomptait sans doute que le nain lusse [Je ne pense pas que cela existe.] [Moi non plus.] l’exemplaire .pdf du contrat et se résolût [T’exagères…] [Je sais.] à s’y conformer.

En lieu et place de quoi un poing vengeur traversa les inscriptions ainsi que le crâne du pauvre avocat qui disparut aussi sec.

« Oh bah non... Ca coûte cher un portable... Un Packard en plus... Je vais devoir le faire passer en frais professionnels..., se lamenta Baal
-  Et si on parlait de la manière que vous avez de m’empêcher de vous écorcher vif, Baal d'opérette…, Déclara Athâr, plus glacial que le vide galactique, sans relever l'anachronie. »

On en reparlera plus tard, de la manière enfin, si on la trouve...
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MessagePosté le: Dim Oct 05, 2008 23:35    Sujet du message: Répondre en citant

Cinquième Baal : Le Chapitre auquel on n'a pas donné de Titre.

Le bruit résonne comme un coup de tonnerre au-dessus d'un océan de calme. Surprenant, inattendu, il n'en n'est que plus terrifiant. Les échos métalliques se prolongent longuement dans la clairière, suivis d'un son d'abord grinçant, puis mou et désagréable. Le gémissement qui le suit flotte un instant, avant qu'un fracas impressionnant ne vienne le couvrir. Du silence, un temps, puis des grincements cadencés aux effluves de fer. Connaissez-vous le chant du prisonnier ? Eh bien c'est à peu près ça, mais pendant qu'il se gargarise, le prisonnier.
Le silence, encore. Il reprend ses droits sur la clairière en même temps que la nature : bruissement des feuilles, chant des oiseaux, pousse de l'herbe, murmure de quelque ruisseau, des animaux, aussi, et puis, et puis, cet ahanement irrégulier qui déchire l'harmonie. Un halètement qui s'accélère, ralentit, de façon erratique, dans une course à laquelle se mêlent des pleurs et des reniflements, composant la chanson complexe et merveilleuse de la vie gisante qui hésite entre une agonie lente et une survie malhabile.

Soudain, un son discordant, un air donné d'une voix fausse et mal placée :

« Always look on the bright side of life... »

L'intrus, guilleret, pénètre dans la clairière. Il se dirige sans hésiter vers la source de la divine comédie. Le sourire de la créature s'agrandit encore. Elle n'a rien d'humain, ou, au contraire, elle possède juste le strict nécessaire de plus qu'humain qui dérangerait tout observateur aiguisé. Ainsi, ses yeux trop rouges ou bien les pointes discrètes qui percent sous son front trahissent sa nature. De même que ses traces de pas, où l'herbe se racornit, puis brûle avant de laisser place à des cendres.
Pire, sa silhouette, à vrai dire, est floue. Ses contours semblent mal tracés dans l'air, comme si le dessinateur divin n'avait pas encore décidé quelle forme il allait donner à sa nouvelle esquisse. Ainsi, comme les traits de crayon s'effacent, changent, se déforment sous la gomme et le nouveau projet, l'être vari. Littéralement, il déborde parfois de lui-même, laissant voir une créature démesurément grande et à la luisante puissance, parfois il se rencogne, diminue jusqu'à n'être plus qu'une ombre, mais une ombre maléfique, pleine de malveillance, une ombre qu'il ne fait pas bon contempler trop longtemps. Et puis, d'autres fois, il rayonne, s'agrandit et se métamorphose en un ange étrange, aux yeux tristes et profonds, qui regretterait une faute.

Cependant, sous ses aspects mouvants, la créature revêt une apparence simple : celle d'un démon peu élevé dans la hiérarchie maligne. Un démon au sourire éclatant, portant, dans la main droite, une coquille d'huître. La coquille est banale, tout ce qu'il y a de plus commun, sans même la trace infime d'une éventuelle et ridiculement petite perle. Il faut même supposer que l'huître est passée de vie à repas avant que la coquille n'atterrisse entre ses mains. L'unique chose qui la distingue des autres coquilles d'huîtres, qui ne demandent rien d'autre qu'à faire paisiblement leurs vies d'huîtres, accrochées à un rocher sans âge, sont ses bords effilés. Très effilés. Voire tranchants. Et un peu rougis, aussi. Carmins. Sanguins, presque.

Baal se penche auprès du paladin tombé au combat contre un surnombre de danseur de guerre. Surnombre provoqué par le simple fait que le danseur de guerre porte deux épées, là où le paladin, du moins quand il n'est pas trop avancé sur son plan de carrière, n'en porte qu'une. C'est pour cette précise raison que nous n'avons pas accordé le mot « danseur » en nombre. Aussi, Ratatouille246 voit d'un oeil pas très réjoui le démon se pencher sur lui. Son meujeu lui en avait pourtant parlé : il ne faut pas jouer tout seul dans le coin, y'a des persos violents qui se baladent. Y paraîtrait même que deux d'entre eux ont rasé une ville pour sauver une putain, ou vont le faire dans un futur proche, il ne sait plus. Faut se promener à plusieurs. Et lourdement armé. Avec un cheval. Rapide, de préférence, le cheval.

Bref, alors que vous me lisez dans mon soliloque, Ratatouille246 se trouve proprement égorgé par Baal et sa coquille d'huître. Voici d'ailleurs l'âme du brave paladin qui s'élève.

« Pourquoi une coquille d'huître ? » Demande-t-il

-Tu trépassais au mauvais... Pardon ? Baal s'interrompt, surpris, d'habitude les béjaunes demandent d'abord "Pourquoi moi ?"

-Pourquoi une coquille d'huître ? Même mon pote Bernard n'est pas assez taré pour se battre avec une coquille d'huître. Et pourtant, il est complètement...

-C'est bon, c'est bon, j'ai compris l'idée générale. Baal l'arrête d'un geste impérieux de la main. Ben, en fait... C'est une longue histoire. [Tu blagues là j'espère ?] [Ben non, attend, on a quand même six cent soixante six âmes à expliquer.] [Six cent soix... Toutes ?] [Ben ouais, on a assez joué avec l'ellipse narrative comme ça, tu ne trouves pas ?] [On va perdre tout le monde, t'es barré !] [Mais...] [Laisse, j'ai une idée.] [Mauvais signe.] [Regarde...] [Lis.] [Li et apprend, gamin.] En fait, je marchais sur la plage après une déconvenue des plus tragiques qui m'est survenue alors que je tentais de négocier avec un rustre des plus malpolis afin qu'il s'accorde avec moi et m'offre un certain quota d'âmes -vous ai-je dit que mon avocat démon Typiton y a laissé la vie- de façon à ce que je rejoigne les royaumes infernaux où je pourrais récupérer m feuille de perso et répartir les [Attend !] [Pardon ?] [Le dis pas, pense à tous les joueurs ! C'est indécent.] [Exact.] points d'xp que j'ai en rabe. Et je dois en avoir un sacré paquet maintenant ! Regarde comme je grésille ! Or donc sur cette plage je marchais, les yeux penchés vers mes pensées, sans rien voir au-dehors, ni l'or du soir qui tombe descendant vers Harfleur, ni les [Hem hem.] vagues. C'est alors que j'eus faim. Je me précipitai à toutes jambes vers la grève où je découvrai un rocher et quelques huîtres. Elles me firent un repas assez sympathique, ma foi. Cela variait de l'ordinaire. [Toi, tu sais plus ce que tu dois raconter.] Cependant, ce repas fut émaillé d'une péripétie peu commune : je me coupai la main sur les bords de l'une d'entre elles en tentant de l'ouvrir. [Owned noob !] [STFU.] L'idée a donc germé en moi : trouver les agonisants et les finir à grands coups d'huîtres enfin, à petits moulinets calcaires... C'est chié, non ?

-Vous êtes le plus taré des tarés que...

-Et vous ma six cent soixante-cinquième âme. » Coupe court Baal en l'empochant.

La nature gronde contre ce rassemblement d'xp totalement illégal, qui risque à tout moment -il suffirait que Baal meure- de former un vortex qui noierait le monde, puis finalement elle se tait, résignée.
Le démon se retourne et fait un pas vers une direction quelconque, sachant pertinemment que tous les chemins mènent à Mort. Et donc aux agonisants.

Une petite précision ici avant d'aller plus loin. Il est admis dans le pacte de lecture que le monde que nous décrivons ici n'est absolument pas soumis aux règles de la physique tel que l'est le vôtre. Aussi ne serait-il pas surprenant de voir des cochons voler, des poules avec des dents et la pluie tomber à l'envers. Cependant, et les auteurs vous prient de bien les en vouloir excuser, il est une loi que notre force n'arrive pas à retenir : la loi de Murphy. Veuillez donc bien nous excuser, mais c'est pourquoi il est logique, purement et simplement logique, qu'un râteau se trouva là, les dents en l'air, posé, paisiblement et l'air quelconque, attendant juste le...

« Mais quel est l'abruti qui laisse traîner des choses pareilles dans un bois ! » La voix de Baal déchire l'espace tandis qu'il se masse le nez.

[Hem ?] [Bon, oui.]

Déchir littéralement l'espace, provoquant une rupture dimensionnelle assez amusante dont les effets seront décris plus tard. Sachez seulement qu'elle fait jouer des contrebasses, un camion bleu, une bonne cinquantaine de manchots, un léopard gris des neiges et un informaticien.

Pendant ce temps-là, précidément,, Althâr se promène sur le champ de bataille, au milieu de ses troupes mortes vivantes qui ont bien du mal à exécuter son ordre à la lettre : ne tuer personne. Ou en tout cas veiller à ce que ceux qui se sont trouvés sur le chemin du nain ne trépassent pas suite aux coups de ce dernier. Althâr, parmi tous ses défauts, est loin d'être stupide. Depuis que Baal est venu le trouver voilà quelques semaines, il n'a eu de cesse de scruter plusieurs plans de conscience afin d'examiner si celui-ci avançait dans ses menées, et son inquiétude a grandi tant et si bien qu'à la fin, il a décidé de venir en personne marcher parmi ses troupes pour...

...soigner les blessés.

Il sait très bien que Baal le suit à la trace, tel le putride charognard qu'il est, achevant les mourants d'un coup de coquille d'huître. Mais malgré tous les pièges que l'alchimiste peut poser pour empêcher le démon de poursuivre son oeuvre, rien ne semble être capable d'arrêter la marche implacable de l'adversaire rampant.

Aussi Althâr « le destructeur de mondes » Antâar se retrouve à empêcher un paladin de défunter sobrement des suites de ses blessures. Par la même occasion, il découvre tout un pan de magie qu'il ne connaissait pas bien. Réparation des tissus, re-modélisation des muscles, reconstruction des organes internes, soins des blessures extrêmes, dans des conditions assez amusantes, parfois. Ainsi, pas plus tard qu'à l'instant, il s'évertue à remettre en place la tête d'un commandant humain qu'une harpie avait distraitement presqu décapité, sans faire exprès, en fait, quelques instants plus tôt.

« Mais pourquoi ? Balbutie un soldat à qui Althâr vient de replacer le pied droit à la place du coude gauche, par accident. Pourquoi tant de haine ?

-Pour empêcher la fin du monde, mon garçon, tout simplement. Vois-tu, un soir de déprime, quand la lune était basse et les nuages noirs, quand mes pensées, aussi lourdes que le ciel, tournaient étrangement sur elles-mêmes et que sourdaient en moi des idées nauséeuses de suicide et de massacre, quand la température chutait bien sous zéro, j'ai voulu trouver refuge et chaleur humaine dans un estaminet qui m'avait l'air paisible. J'y voulus déposer mon coeur de plomb et mon esprit y embrumer. Althâr ne prête aucune attention aux gémissements du garçon, non plus qu'aux regards scrutateurs et torves des zombies nécrophages. Sais-tu, mon garçon, combien j'y réussis ? Je n'ai aucun souvenir de cette nuit-là passée la porte de la taverne, et cela me pèse aujourd'hui. Comme le fatu souverain qui préside à la vie des êtres peut rattraper celui qui s'en croit protégé... Il y'a quelques semaines, un suppôt de Satan, un démon sans pouvoir, est venu me trouver. »

Les zombies sont lents d'esprit, c'est pour cela qu'ils sont résistants à la douleur. Jusqu'ici, tout va bien. Cependant, lent d'esprit ne signifie pas -et cela fut l'erreur de le croire de nombreux nécromants- dépourvu d'esprit. Pour peu qu'on leur laissât le temps nécessaire pour faire naître une pensée, la développer puis la mettre en oeuvre, et les zombies sont de redoutables adversaires. Sachez seulement que le temps moyen autorisé pour un coup dans les compétitions zombies d'échecs est d'environ huit jours, quatre heures, vingt et trois minutes et cinquante-sept secondes.
Tout cela pour dire que pendant qu'Althâr soliloque sous les yeux implorants du guerrier chenu, les zombies ont tout le temps d'intégrer le fait que de blessé mortellement à mort, il n'y a qu'un pas, qu'un nécrophage qui se respecte ne peut que et doit franchir.

Aussi, alors qu'Illuv expliquait à force de rhétorique comment il avait tenté de contrevenir aux menées du démon en posant un peu partout des pièges qui auraient dépecé un dragon, un zombie plus rapide que les autres -une vingtaine de minutes au cent mètres- abattit sa massue avec une lenteur affligeante sur le premier défunt en puissance qui passait sous sa main.

Une nanoseconde après la mort du paladin -écrasé sous la masse, deux cent kilos au centimètre carré- le zombie se voit dévisagé par le regard songeur, et stupéfait non, affolé de son chef de guerre. Le seigneur prend une grande respiration, recouvre son calme et refait mentalement les comptes après avoir pris soin de guérir tous ceux qui avaient failli périr par sa main. Baal en avait achevé six cent soixante et quatre avant le paladin dont il vient d'apprendre la mort, à l'instant, par un de ses chauves garous. Plus le droit à l'erreur, donc. Une âme de plus et... Althâr se fige.

Il se relève doucement, et se gratte distraitement le nez, pensant à la suite des événements.

A cet instant précis, Justice pousse un cri suraigu de félin qui désaccorde l'orchestre de jazz de l'Infernal bar. Les contrebasses sursautent, et la retransmission en direct par InfernFM sursaute également, réveillant Bernard au volant de son camion bleu, qui quitte la route, droit vers un bâtiment officiel. Il s'encastre dans un mur, et son chargement de manchots s'évapore dans les locaux. Aussitôt, par réflexe, Bernard lâche son animal de compagnie, Furr, un léopard gris des neiges qui s'en va les récupérer tant bien que mal. Entrant dans un bureau en poussant un rugissement bestial, il effraie un simple informaticien qui surmonte sa peur et appuie tout de même sur le bouton « envoi » de son moniteur.

A cet instant précis, alors, Baal toujours en train de se masser le nez, entend les trompettes de Jericho jouer pour lui, et la Mort lui tend un papier avec son sourire millénaire.


Hum... Fin du chapitre ?! [/b]
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MessagePosté le: Dim Oct 05, 2008 23:38    Sujet du message: Répondre en citant

Sixième Baal : Power Overwhelming (comprendront ceux qui pourront).

Baal regarde fixement la Mort droit dans les yeux. Enfin, dans les trous qui constituent ses globes oculaires. Il cligne doucement des paupières, réitérant mentalement le compte de toutes les âmes qu'il a capturées jusque là : tous les pauvres types qu'il a achevés alors qu'Althâr s'évertuait à leur laisser en souvenir un semblant de vie pour finalement les abandonner là, tels des poissons oubliés sur la grève. Vivants, certes, mais tellement vulnérables ! Le temps s'arrête pour Baal, parce que cumuler six cent soixante six âmes sans s'en rendre compte, ça fout un coup, quand même, et tout recompter ensuite, eh bien, ce n'est pas une tâche des plus aisées. Ainsi Baal énumère mentalement tous les hères qu'il a fauchés, un par un, lentement, consciencieusement, devant les orbites vides de la Mort, un tantinet désespéré que le démon par lequel le changement survient soit un abruti fini, et tentant avec moins que plus de réussite de singer l'impatience, chose ardue s'il en est pour un être qui n'a ni yeux, ni paupières, ni même sourcils.

« Je sens comme une perturbation dans la force. S'écrie Althâr en se grattant le nez avant d'éternuer. Celim doit être arrivé dans la tente de commandement. »

Le nain se téléporte le plus naturellement du monde jusqu'à ladite tente, laissant là le cadavre de zombie - si l'on part du principe essentiel ici qu'un zombie n'est plus vraiment un cadavre - et les quelques adversaires qu'il a pu récupérer pour leur éviter de mourir par sa main. Voilà longtemps qu'il n'a pas discuté avec Celimbrimbor, et puis celui-ci lui doit encore quelques piécettes qu'il avait perdu suite à un pari un peu spécieux.

Il apparaît dans la tente où Celim l'attent paisiblement, et nous allons jeter un voile pudique sur ces touchantes retrouvailles pour retourner à nos moutons et voir si Baal a fini de compter les siens.

« Tu crois que ça vaut le coup, Rétroaction ? Demande Baal à la Mort. Parce que c'est quand même un peu cher en xp... Tu n'aurais pas le bouquin de règles ou un Codex démoniaque sous la main, par hasard, non ? »

La Mort ne répond pas. Non pas parce qu'il n'en a pas envie ou parce qu'il ne le peut pas, mais tout simplement parce que la musique antéchristique qui résonne dans la petite clairière depuis que Baal a enfin compris qu'il avait réussi à collecter le nombre d'âmes nécessaire à sa résurrection sociale lui prend violemment la tête. Il n'a pas eu autant la migraine depuis la fois où il a dû cueillir un vainqueur du méga-jackpot-ultime à Lost Vegas. Deux semaines, il a mis à s'en remettre. Alors autant être clair : les tergiversations de Baal à propos de la façon la plus pertinente de dépenser tout son content d'xp passe un peu au-dessus de son crâne chauve. Enfin, pas chauve, mais sans cheveux. Toujours rester poli en parlant de la Mort. On ne dira donc désormais plus chauve, en parlant de la Mort, mais glabre. C'est plus respectueux.
Agacé suprêmement, finalement, la Mort s'empare de la feuille de Baal et lui montre deux choses. La première, le nombre total d'xp qu'il a à dépenser. La seconde, un calcul qu'il vient d'effectuer, faisant la somme totale du coût de tous les pouvoirs qu'il est actuellement possible d'acquérir.

« Ouais, vu sous cette angle, autant tout cocher, c'est ça ? » Lance Baal mi-dépité, mi-blasé.

La Mort secoue la tête de bas en haut, lançant un las regard au démon signifiant clairement : « Exactement, abruti. »

Baal s'exécute alors, faisant une croix dans toutes les cases, même celles devant des pouvoirs qu'il ne comprend pas vraiment, comme Rétroaction par exemple. Il s'aperçoit même qu'à la fin, il lui reste encore de nombreux points à dépenser. Alors, il coche, encore et encore, jusqu'à ce que finalement il n'ait plus rien à acquérir.

« Est-ce que je peux changer mon xp en po ? Non ? »

Le démon se gratte la tête de dépit devant le sourire un tantinet goguenard de la Mort. Puis son visage s'éclaire.
Et il se met à acheter point de destin sur point de destin. En théorie, il n'en n'aura pas besoin, mais tout de même, au cas où...

Quelque part, en Enfer, une clochette, une toute petite clochette en métal fin, au doux tintement qui n'avait jamais résonné jusqu'alors, une simple clochette, très jolie, artistement décorée, ce genre de clochette que l'on croirait ne jamais entendre sonner, sonne. Sonne pour avertir qu'un démon de l'Enfer vient de dépasser le niveau Deity and Semi-Gods pour le niveau suivant et va vaguement commencer à poser problème.

« La force m'envahit » Hurle Baal, rayonnant de puissance.

Il vient d'accepter les modifications de sa feuille de perso, et les conséquences s'en font immédiatement ressentir.

Baal, si vous avez lu toute cette affligeante prose, ne ressemble pas à grand-chose. Ne ressemblait pas, pour être exact, à grand chose. Pas très grand, pas cornu, pas suivi d'une ombre fidèle et dévouée, pas plus qu'ailé ou muni d'une queue, au bas du dos en tout cas. Un démon quelconque, en somme. Pas moche, pas beau, pas effrayant, pas risible. Banal.
A présent, Baal a changé. Certes, physiquement, cela n'est pas flagrant. Mais son corps n'a pas envie de passer de son petit mètre quatre vingt cinq aux douze mètres trente réglementaires pour sa puissance. Et puis, les stalagmites sur le front, c'est dépassé de nos jours. Quant à la paire d'ailes, ou plutôt les sept paires d'ailes, c'est tout simplement hors de question.

Pourtant, tout ceci se voit. Et cruellement, d'une certaine façon. D'abord, parce que Baal a récupéré son ombre. Enfin, une ombre. Une grande ombre. Qui a une fâcheuse tendance à être tachyophile et dissolvante. Elle aspire la lumière, tel un gigantesque trou noir. Et puis, quitte à pousser la ressemblance jusqu'au vice, elle aspire aussi la nature aux alentours et tout ce qui la touche. C'est-à-dire une zone que l'on pourrait définir comme une figure qui, ramenée à un cercle, ferait seize mètres de rayon. Une figure sans lumière, sans âme, sans rire autre que celui de Baal, inextinguible. Car le voici, Baal, porteur de malemort et de violence, annonciateur de la destruction, celui pour qui sonnent les trompettes de Jéricho et avec qui marche la Mort.

« Typiton avait une âme. »

Baal sourit, heureux d'avoir trouvé le chiffre qui lui manquait pour faire tomber juste son calcul.

« Et donc, Althâr s'est planté. »

Son sourire s'élargit. Il va expliquer à ce maudit immortel qui l'a rossé qui c'est, le patron, pour lui faire comprendre qu'à lui, on la lui fait pas, que finalement, ben si, on la lui fait.

Aussi, préparant ses nouveaux pouvoirs, affûtant ses griffes, crocs, appendices pointus, armant ses sorts destructeurs, faisant jouer ses bonus en répartie cinglante, Baal se téléporte près d'Althâr, sans pouvoir le rater, puisqu'il est lié par le contrat à ce dernier.


« Tu devrais vraiment essayer la.... Commence Celimbrimbor, nonchalamment installé dans un fauteuil d'air

-Incline-toi devant ma toute puissance ! Tonitrue Baal, tandis que la Mort se place à ses côtés et que son ombre prend le parti d'éviter soigneusement l'elfe à qui Baal vient de couper la parole. Me voici, devant toi, moi, Baal le tout puissant ! Prosternez-vous, déclame Baal, tout heureux de voir qu'il peut faire tomber une deuxième victime sous sa coupe, devant moi, et vous serez épargnés par les flammes de la Géhenne. Pour les impressionner un peu plus, il change de stature, pour coller un peu mieux à son niveau. Tremblez ! »

Les réactions des deux êtres [Eh oui : on ne peut décemment pas les appeler autrement : imaginez la crise d'Althâr si l'on le nommait elfe, et celle de Celim si l'on le nommait nain. D'autre part, Althâr refuse d'être appelé dieu ou demi-dieu, tandis que Celim n'est pas alchimiste. Oser les nommer bourrins revient à signer son arrêt de mort, quant à brutes épaisses, eh bien, c'est la même. Donc, voilà.] le laissent un peu étonné. Le nain se contente de le regarder, en clignant lentement des yeux et en se frottant les ongles contre sa tunique, tandis que l'elfe semble fulminer doucement. En somme, il aurait tout aussi bien pu dire « Alors, ça vous la coupe, hein ? » qu'ils n'auraient pas bougé beaucoup plus.

« Prosternez-vous devant votre maître, ai-je dit ! » Essaye-t-il à nouveau, pour la forme.

La Mort plonge ses orbites vides dans les yeux des deux autres et commence à reculer.

L'ombre laisse échapper des petits gémissements qui pourraient passer pour des « kaï kaï » apeurés.

Puis Celimbrimbor frappe.

On n'interrompt jamais Celimbrimbor quand il parle de boule de feu. Jamais. Surtout quand il est de mauvais poil. Parce qu'avec Celimbrimbor, y'a des jours où faut pas le faire chier. Et y'a des jours tous les jours. [Honteusement piqué à Krän, mais le contexte ferait rire les auteurs.]

Et donc, il cogne.

Pas la petite gifle amicale ou le coup sans conséquence qu'on le voit porter d'habitude.

Non.

Celim n'est pas stupide au point de ne pas reconnaître un archi-archi-démon-futur-remplaçant/tombeur-du-patron quand il en voit un. On pourrait le croire, mais non.

Aussi ajuste-t-il sa frappe.

Pour expliquer rapidement la chose, il déplace le curseur de « petite bagarre entre potes » à « extinction de nova par le souffle du coup ». [Pour ceux qui voudraient tenter l'aventure, c'est la position intermédiaire du curseur.]

Baal encaisse. Dans un premier temps du moins. Un milliardième de picoseconde pendant lequel il croit pouvoir tenir le coup. Puis en fait, non.

Alors Baal vole. Entre les dimensions. Directement en Enfer. Emportant avec lui la Mort, pas mécontent de s'en tirer vivant, et son ombre, qui abandonne l'idée de lancer un regard torve à l'elfe en partant quand elle voit le sourire carnivore qu'il lui décoche.

« Je disais donc, reprend Celim, tu devrais vraiment essayer le boule de feu pour ton menu ménage. C'est tellement plus efficace que le petit personnel, de nos jours ! »
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Althâr Anthâar



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MessagePosté le: Dim Oct 05, 2008 23:40    Sujet du message: Répondre en citant

Baal vs. Seth : Judge Dead.

« Elle est morte, la Justice. Soupire le petit démon en regardant le corps dépecé, écartelé, bouilli, découpé, massacré, dispersé, détruit, pourrissant et bouffé aux mites de Justice Von Remur.

- Ouais. Répond Baal, se curant les dents pour enlever un morceau du greffier parti se loger insidueusement entre ses canines. Tu veux un des yeux restant ?

- Merci, non. Tu ne l'as pas ratée. T'as de la moutarde ?

- Ouais. Ah, en fait non. Du piment ?

- Passe toujours.

- Tiens.

- N'empêche, j'ai pas tout compris, comment est-ce que tu as pu lui arracher les tripes de l'intérieur tout en, de dehors, lui bourrant la gueule de météores ?

- Bah, je t'expliquerai un jour.

- Ouais. Pis aussi le coup des yeux qui explosent puis repoussent, puis explosent puis repoussent en explosant.

- C'était marrant ça, non ?

- Bof... Le mieux, enfin, le mieux, ce que j'ai préféré, c'est quand tu l'as fait rentrer dans un espace d'un pico-millimètre cube en la dilatant pour qu'elle fasse une taille équivalente à l'infini.

- Oh... Le démon semble un peu déçu. Mouais... Pas mon moment favori. Plutôt quand je lui ai écartelé les bras et les jambes en même temps.

- Ah ! Ouais, ça c'était marrant.

- Mais je ne suis pas morte ! Une troisième voix s'élève. Je suis toujours là ! Baal ! Je vais te tuer !

- Si, non, non. Fait Baal en réponse. C'est juste le décalage que j'ai induit : je trouvais que ça ajouterait un peu de charme si tu te voyais te faire dévorer par tes propres animaux de compagnie. Mais techniquement, tu es morte. Y'a que ton âme qui reste, pour l'instant, ici. Mais je ne vais pas tarder à arranger cela.

- Tu n'en as pas le pouvoir.

- Je ne parierai pas sur ça, moi, si j'étais vous, Mme. Justice. Parce que mine de rien, c'est plus le même Baal depuis qu'il est revenu de ses pérégrinations.

- Tu ferais mieux de l'écouter, Justice. Tu souffrirais moins.

- Maudit sois-tu ! Puis elle se met à hurler de douleur quand Baal décide que finalement, il n'est pas obligé de couper la liaison entre le corps de Justice et son âme détachée, et qu'il n'a aucune raison d'être ainsi gentil et de l'empêcher de ressentir la douleur. Il en profite d'ailleurs pour lui arracher un nouveau morceau de viande tout en décochant un joli coup de pied au cadavre.

- Je vous l'avais dit, Mme. Justice. Il s'est fait les griffes, le Baal.

- C'est pas faux. Passe-moi le sel.

- Le voilà. T'as pas peur que les autres démons viennent te chercher des noises ?

- Quels autres ?

- Ben, je sais pas moi, les autres. Belial, Uriel, Asmodée, tout ça... Le patron ?

- Oh, ces autres ?

- Ben ouais.

- Ben non. Puis le patron, personnellement, je l'ai jamais vu. De là à ce qu'il n'existe pas, il n'y a qu'un pas...

- Alors non ?

- Non.

- Comment ça, non ?

- Juste « non ».

- Ouais, je veux bien, mais pourquoi ? Et comment ?

- Ils essaient depuis tout à l'heure.

- Oh. Belote.

- Ouais.

- Et ? Rebelote.

- Comment ça « et » ?

- Ben, et après ?

- Ben ils n'y arrivent pas.

- Pourquoi ?

- Ils meurent. Enfin, presque.

- Ah ?

- Oui. Je me suis arrangé pour nous protéger un peu quand même. Et puis le premier qui met un pied sur mon ombre...

- J'avais oublié.

- Ouais. Asmodée a payé de son corps pour comprendre.

- Vraiment ? Dix de der.

- Treize tentacules et la moitié de son crâne gauche. J'ai coupé, distribue.

- Aïe...

- Pas mieux. Mais s'ils ne se baladaient pas en agitant leur essence à qui mieux-mieux aussi...

- Y'a du vrai dans ce que tu dis. Mais...

- Quoi ?

- Eh ben, euh... Dehors, c'est comme ici ?

- Comment ça « dehors » ? On est dehors !

- Oui, je le sais bien mais, enfin, en dehors de la bulle en fait.

- Oh... Eh bien, à vrai dire, je ne sais pas très bien. Tiens, il était là le valet ?

- Ah bon ?

- Non. Avant mon combat contre Just... Il pouffe. Avant l'exécution de Justice...

- Ce n'est pas drôle ! Hurle Justice entre deux soubresauts de douleur.

- Si, si, je te jure. Enfin, bref. Avant l'exécution de Justice, c'était à peu près comme avant. Sauf, évidemment, les endroits que j'ai traversé, ruinés de fond en comble.

- Oh.

- Oui.

- T'es passé par le neuvième district sur le septième plan ?

- Celui avec les bureaux d'Endemonol ?

- Oui.

- Oui.

- Oh.

- Famille ?

- Ouais.

- Désolé.

- Pas grave. Mes gosses étaient chez leur belle doche avec ma femme de toute façon.

- Chien alors ?

- Oui...

- Mes condoléances.

- Tu peux, il était gentil, lui. Belote en passant.

- Désolé, encore.Mais gentil, c'est pas un métier ici-bas.

- Il y avait plus de vie dans son oeil quand il remuait la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son oeil... Et Re. Merde, tu la passes quand même.

- Juste pour voir, comment s'appelait-il ? Ouais, dix de der !

- Parce qu'en plus tu tiens une liste des gens que tu as tués ?

- C'était un chien.

- C'est la même chose.

- Son nom ?

- Koubiac.

- Oh.

- Ben quoi ?

- Non, rien, Parker, rien.

- Quoi ?

- Laisse tomber. Je te propose un truc : si tu gagnes la prochaine levée, tu gagnes une surprise.

- Tssk.

- T'es pas partant ?

- Donne.

- Tu vois, quand tu veux.

- Ouais. N'empêche, tu fous un beau boxon.

- Je sais.

- Mais c'est sympa. Valet tournant ? Je prends !

- Atout pique alors. Tu trouves ?

- Ouais.

- Pourquoi ?

- Ben, ça fait changer les choses un peu.

- Merci.

- Mais je suis sérieux, hein. Ne t'imagine surtout pas que je te dis ça pour te faire plaisir. Coupé ton as.

- Merci. Ah, merde, mon dix.

- De rien. Tiens, t'aurais pu le faire celui-là.

- Ouais, j'aurais pas dû joueur ça au tour d'avant.

- J'suis d'accord. Maintenant, tu finis fanny.

- Oh ?

- Ouais. Be

- Ah.

- Et Re.

- Oh.

- Et dix de der. Tu sais bien que Parker Lewis ne perd jamais...

- J'avais oublié, l'espace d'un instant. Pourtant je l'ai aussi, ce pouvoir...

- Ca vient avec l'habitude. Par contre, moi, j'ai pas oublié la surprise !

- La voici.

- Ouaf !

- Koubiac !

- Grouf !

- Merci Baal ! Merci !

- C'est rien Parker, c'est rien.

- Merci du fond du coeur, en plus, il est comme avant.

- Je sais, je sais... Justice ?

- Quoi ? Se contorsionne l'âme de feu la féline démone.

- Dis « Au revoir ».

- Jamais !

- Tant pis.

- ...

- J'ai pas rêvé, tu l'as avalée ?

- Wouf !

- Ben ouais.

- Mais c'est carrément énorme !

- On s'en lasse.

- Attends, t'as avalé son âme.

- Tu sais, au bout de la six centième, on fini par avoir l'habitude.

- Six cent...

- Mes pérégrinations.

- Quand même... T'as un pouvoir spécial pour cela ?

- C'est « Avalement d'âme ». Ca vaut rien, c'est dans les tous premiers à acquérir.

- Tu me le conseilles ?

- C'est lent, mais très pratique sur le long terme, si tu trouves un pigeon.

- Oh... Combien coûte-t-il ?

- Je ne sais plus, je l'ai eu en promotion gratuite... Moins de cent je pense.

- Génial ! Je peux me le prendre !

- Si tu le dis.

- Sérieux.

- Bon... C'est pas tout ça, mais j'ai à faire moi.

- Ah ?

- Ouais.

- Tu pars alors ?

- Ouais. Tu ferais mieux de remettre ta combinaison ignifugée.

- C'est pas faux ça. Où vas-tu ? Ruiner ce monde de fond en comble ?

- Non, je vais plutôt aller voir le taulier.

- Directement, comme ça ?

- Ouais.

- Tiens, t'as coupé la bulle.

- Ouais. Comment tu sais ?

- Y'a une moitié d'Asmodée là-bas... Ah, non, a plu.

- Je sais.

- J'aime pas ton sourire sardonique.

- Personne ne l'aime.

- Salut la Mort !

- ...

- Tu as bien mis ta combinaison ?

- Ouais. Eh ! Et Koubiac ?

- T'inquiète, je l'ai un peu protégé.

- Merci.

- De rien.

- Il ne reste plus rien de Justice, t'as vu ?

- Ouais. Et plus un rat.

- Ouais.

- ...

- ...

- Bon, ben, au-revoir alors ?

- C'est ça, au-revoir. »


Et un raz-de-marée de flammes se déverse sur ce plan de l'Enfer au moment où Baal se transporte jusque chez Satan.

[Moi, j'assume pas ce chapitre.][Moi, si][Parker Lewis... C'est navrant !][VTFF][Toi aussi, connard.][Par contre t'as cartonné sur le titre !][Merci.][Edit Celim : Ah ouais, t'as vraiment cartonné sur le titre!][Merci.]
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MessagePosté le: Dim Oct 05, 2008 23:42    Sujet du message: Répondre en citant

Huitième Baal : Retours (au pluriel,mais oui mais oui) vers le futur.

Dans le très célèbre -et à juste titre prisé- Guide du Routard Interplanaire, les Portes de l'Enfer sont décrites ainsi :

« Est-il possible pour l'oeil humain de se poser encore aujourd'hui sur une splendeur pareille sans voir quelque larme apparaître pour obscurcir sa vision ? Est-il croyable qu'un tel chef-d'oeuvre soit resté et reste encore méconnu, voire méprisé, de tous ? Croyez m'en, voyageur, rares sont les merveilles de cet acabit qui encore de notre temps subsistent à travers les plans. Injustement spoliées de leur grandeur, les Portes de l'Enfer souffrent d'un défaut rédhibitoire pour la plupart des gens : derrière se trouve l'Enfer, plan des mille et mille et mille iniquités, de la violence gratuite, etc. Ces croyances sont dépassées, et il faut les rejeter pour pleinement apprécier le spectacle.
Comprenez bien : les portes de l'Enfer ne sont pas deux simples battants laissés là, ouverts au tout venant. Quand j'évoque ces portes, je vous parle de Jardins. Antiques, fabuleux, ravissants, et rouge.

Retranscrire les merveilles dont regorgent ces jardins, pour ma plume, s'avère bien compliqué. Cependant, je vais tenter ici de vous en donner un aperçu suffisamment conséquent pour compléter les gravures des pages 123 et 124.

Rouge. Voilà l'impression qui se dégage au premier abord : de la terre rouge, des cailloux et des rochers rouges, des herbes rouges, des plantes rouges (et trop souvent carnivores). Parfois une légère teinte d'oranger vient casser ce monochrome reposant. Ensuite, la chaleur et la sécheresse marquent les esprits. Il fait en effet plus chaud dans les jardins que dans le reste du plan, et une humidité minimale y est maintenue de façon artificielle pour empêcher plantes et faune de dépérir.
Car ces jardins sont peuplés d'une myriade de petites bêtes, plus ou moins amicales. Ainsi, j'ai pu, lors de mon périple, croiser l'indémodable et très connu chien cerbère, avec ses trois têtes, mais également des centaures noirs, ou bien des gnomes sans intelligence. Les démons plus puissants ne s'abaissent pas à arpenter l'entrée des Enfers. D'une part, ils habitent ce plan, donc ne batifolent pas constamment dans un endroit presque purement touristique, d'autre part, accueillir un voyageur avec un Effrit pourrait causer d'irrémédiables torts à l'image conviviale que l'office de tourisme du plan s'efforce de faire perdurer depuis quelques éons maintenant.

L'allée principale des Jardins est une mosaïque de dalles (rouges, s'il fallait le préciser) dessinant de très étranges aperçus de l'esprit du maître des lieux, que jamais je n'ai pu rencontrer, malgré mes demandes incessantes, j'ai nommé l'Innommable en personne. Parcourir cette allée donne une impression de dégagement du monde, comme si l'on quittait presque définitivement le séjour des vivants. Quand on sait qu'à l'origine cette entrée était celle des défunts, l'ironie est appréciable. Des brumes s'élèvent un peu partout alentour, laissant apparaître des ombres, des silhouettes, jamais menaçantes, mais toujours inquiétantes.
Bientôt, un choix s'offre à l'explorateur : trois voies différentes, pour trois itinéraires différents. Il n'est pas permis de revenir sur ses pas, aussi vous décrirai-je mes pensées quand je me suis engagé sur celle de droite, qui semblait plus amicale, plus touffue, comme si j'allais pénétrer dans un bois :

"Nel mezzo del cammin di nostra vita
Mi ritrovai per una selva oscura
Ché la dirrita via era amarrita[...]" »


Le couple referme le Guide du Routard Interplanaire, et jette un regard désabusé au paysage désolé qui se tient devant eux, tandis qu'au loin, deux personnages argumentent avec un troisième. Prudents et quelque peu effrayés par les flammes et les boules de feu en suspension un peu partout, les deux amoureux préfèrent faire demi-tour et aller passer le reste de leur lune de miel ailleurs.

La suite prouvera qu'ils n'ont vraiment, mais vraiment pas tort de procéder de la sorte.


Quelques heures avant ces événements, Baal se lève doucement et coupe court à sa discussion avec Justice pour aller expliquer sa façon de voir les choses au Patron. Au Boss. A l'Innomable enfin, à celui qu'on ne sait tellement pas qui il est qu'on préfère ne pas trop en parler.
Ainsi marche-t-il paisiblement dans les rues de l'Enfer, sans craindre les attaques des démons qui l'assaillent maladroitement, réduisant à néant leurs vains efforts en riant, les soufflant tels des fétus de paille. C'est une véritable hécatombe, un holocauste aveugle et irraisonné. Quiconque croise le chemin de l'archi-démon est voué à l'annihilation. Non pas que cela l'amuse, Baal, de tuer tout le monde, mais si tout le monde l'attaque, eh bien, n'est il pas en droit de se défendre ? Quitte à provoquer une sorte d'apocalypse barbare et fratricide.

Son chemin n'est que sang, tourbe glaireuse, boue mortuaire et cadavres fumants. Il ne fait pas de détail ni ne s'embarrasse de pitié. Son ancienne femme est venue le trouver, pour le séduire à nouveau et s'assurer la complicité de ce qui est sans nul doute l'être le plus fort des Enfers, voire du multivers, et son squelette encore animé est toujours visible, encastré dans une fontaine de lave. Ses hurlements, puissants, témoignant de la présence jadis de poumons à l'endroit où désormais s'engouffre une brise nauséabonde, égaillent la place de leur funèbre chant. Baal est devenu puissant, et parce que puissant, cruel. Non, pas cruel, plutôt, lucide. Il sait qu'il est le destructeur de mondes, que la Mort marche à ses côtés. C'est, d'une certaine façon, son destin, et rien d'autre. La lassitude qui l'habite est presque pitoyable, mais il n'en n'a que faire. Ruiner ce plan de fond en combles, détruire ce qui est pour faire advenir ce qui sera, et finalement, en prendre le contrôle et régner en maître absolu sur les Enfers, semble actuellement représenter pour lui la meilleure des perspectives d'avenir.

Mais pour cela, il faut abattre l'Innommable.

Des rumeurs courent au sujet du maître des Enfers. Personne ne l'a jamais vu, ni même aperçu hors de son bureau, tout au fond du plan, ni à l'intérieur même, nul n'ayant jamais reçu le privilège douteux d'y être invité. Certains racontent qu'il s'agit d'un ridicule bureaucrate, mesquin, acerbe et impuissant qui aurait triché sans se faire prendre. Des succubes prétendent qu'elles ont pu rendre service à ce maître des Enfers, et qu'il n'est pas si impressionnant que cela. Moins, ajoutent-elles en riant à leurs clients, que les centaures, en tout cas. D'autres se plaisent à diffuser l'idée qu'il s'agit ni plus ni moins d'une des créatures ancestrales qui créèrent le multivers et tous les plans d'existence, un Dieu, en somme, et peut-être même LE Dieu. Peu sont ceux, mais il y'en a, qui s'interrogent sur l'existence même de ce maître. Des érudits ayant poussé leur réflexion le plus loin possible avant d'être arrêtés et exterminés par la police du Maître ont même affirmé avec force qu'il n'existait pas.

Baal s'en fiche. Il est le plus puissant sur ce plan, sur ce monde. Aussi, maître ou pas, il faudra bien qu'il s'incline devant lui. Ainsi est la loi du multivers : tuer ou être tué.

Sa destination l'oblige à passer immanquablement devant les Archives démoniaques, là où tout à commencé, là où il était trop absorbé par son travail pour penser à dépenser son salaire, pour penser à vivre même. Il sourit doucement. Nul besoin d'anciennes archives : tout est dans sa tête, puisqu'il a tout lu et tout retenu. Fascinant ce pouvoir de rétroaction, véritablement fascinant : plus aucun événement de sa vie passée ne lui est étranger. Il se souvient de tout. Parfaitement. Aussi, dans un rictus ténébreux, il déclenche un incendie dans les archives. Un puissant incendie, décalque étrange de celui-là même qui l'avait chassé de son emploi et jeté sur les routes. Quelque chose de suffisamment incroyable et rapide pour outrepasser sans encombre les sécurités anti-incendie des Archives, dont les ouvrages précieux méritent une protection hors du commun. Impossible qu'elles ne faillissent, à moins que le feu ne prenne dans toutes les dimensions, toutes les salles de l'immense bibliothèque infernale, en même temps. Baal s'était longtemps demandé, d'ailleurs, comment le feu avait donc bien pu prendre à son époque, les défenses étant déjà installées. Et puis, la question l'avait désintéressé et s'en était allée.
Le feu dévore les Archives et s'élève de toutes parts en un instant. Baal soupire, puis s'éloigne, se rapprochant pas à pas de l'endroit où son destin l'attend.
Et puis, quand il a tourné le dos au feu, celui-ci s'interrompt, brusquement, sans raison, dans un flash de lumière bleu, et les Archives restent, intactes, comme si jamais ce feu n'avait eu lieu, pas dans ce temps, en tout cas...

Le puissant démon arrive enfin devant les portes de la demeure où est réputé vivre et dormir le maître des Enfers. Il regarde la Mort, à côté de lui, qui soudain préférerait être ailleurs, et passe.

Tout simplement, passe. Il n'a pas envie de briser la porte, ni de l'ouvrir non plus que de frapper. Alors il la traverse, comme s'il avait été immatériel. Amusant comme il se trouve chaque seconde de nouveaux pouvoirs.

Par exemple, celui de défense passive. Aussitôt arrive-t-il dans la salle derrière la porte qu'une meute de démons protecteurs et de golems se jette sur lui, avec l'intention de n'en faire pas de quartier, des sorciers incroyablement forts et asservis au Maître lancent leurs sorts les plus destructeurs à son endroit et à son envers, pour ne pas lui laisser la possibilité de répliquer.
Du moins, l'état d'esprit général vise à ceci.
Cependant, dans la demie seconde où cet assaut est lancé, la défense passive de Baal s'active sans qu'il ait besoin de le vouloir, et un instant plus tard ne reste plus rien des attaquants, sinon des cendres ou une bouillie étrange répandue sur les murs, selon le cas.

Le démon sourit encore plus.

Le bureau du patron est à l'étage, comme lui indique la secrétaire épargnée par la contre attaque. Elle ne sait pas s'il n'est pas occupé, mais elle est sûre qu'il se fera un plaisir de rencontrer Baal. Celui-ci opine du chef doucement en la décapitant d'une aile distraite et saute jusque devant la porte en bois précieux qui fait un dernier rempart entre lui et son objectif.

Il la pousse, et comme de juste, celle-ci s'ouvre en grinçant.


Plutôt encore, avant que Baal ne dialogue avec le jardinier, dans la tente d'Althâr, le nain discute encore avec l'elfe, sans se soucier plus du démon qu'ils viennent de chasser.

« N'essaie pas de me distraire avec ta boule de feu, Celim. Je veux mon or.

-Ce pari était stupide ! Laisse tomber veux-tu ! Et puis tu es déjà riche, que t'importe deux misérables pièces d'or.

-Le principe, Celim.

-Ton espèce surtout.

-Ne me tente pas, vieille bique rabougrie. Menace Althâr.

-Essaie juste, pour voir. » Réplique l'elfe.

Cette dispute affligeante se poursuit pendant pas loin d'une heure, avant d'être interrompue par un bruit de téléportation peu maîtrisée bien reconnaissable : celui de la vaisselle qui se brise suivant celui de la réalité crachant une pustule glaireuse dans le seau de l'existence. Un petit démon vert-de-gris et terrifié se relève péniblement du tas de porcelaine qu'il vient de détruire (porcelaine qui se demande encore comment elle a atterri là) et fait face aux deux êtres devant lui.

« Hem... Bonjour ? Tente-il, conscient de la colère latente chez les deux bougres.

-Trois, commence Celimbrimbor en levant une main menaçante.

-Je suis un plénipotentiaire envoyé par le Conseil des Enfers et...

-Deux, continue Althâr, non moins effrayant.

-Le Conseil des Enfers voudrait... Souhaiterait que... Enfin, vous voyez, c'est-à-dire que... piaille le petit démon, vert de peur à présent.

-Un, grogne l'elfe.

-Baal est arrivé en Enfer et il casse tout ! Aidez-nous c'est vous qui êtes responsables et vous devez nous aider parce que sinon Baal il va tout détruire et personne ne se sortira vivant de cette histoire alors vous qui avez le pouvoir de le faire agissez et puis d'abord c'est de votre faute tout ça si vous n'aviez pas massacré six cent soixante six misérables âmes on aurait eu la paix mais il a fallu que vous vous en mêliez et voilà comment tout ça a dégénéré c'est de votre faute de votre faute de votre faute de votre faute ! Trépigne le démon en cognant désespérément de ses petits poings serrés contre le plastron d'Althâr.

-Silence ! Tonne ce-dernier en le saisissant sans ménagement et le haussant à sa hauteur. Que veux-tu ?

-De l'aide contre Baal... Pleure l'autre.

-Baal ?

-Le démon que t'as envoyé paître tout à l'heure.

-Oh.

-Eh bien quoi ?

-S'il vous plaît, juste un peu d'aide...

-Non. La sentence tombe, de même que le démon, relâché. Allez, file avant que je ne décide de te tuer. Ou que lui s'en charge. »

Un regard sur le sourire carnivore de l'elfe décide le démon qui disparaît en hurlant, plus par habitude et par principe que par conviction :

« Je reviendrai ! Et ma vengeance sera terrible ! »

Les deux êtres se regardent en silence, avant que Celimbrimbor ne pose une question :

« Il n'a pas dit que c'était en Enfer cette affaire ?

-Pas mes oignons, répond laconiquement le nain.

-Et il a bien parlé de Baal, non ?

-Rien n'à faire.

-Ce qui signifie que Baal a trouvé ses âmes. Ce qu'il a dit aussi.

-Où veux-tu en venir ?

-Eh bien, au fait que tu t'es fait rouler dans la farine par un démon mineur, et qu'il est hors de question que je paye quoique ce soit à un incapable stupide au point de se faire avoir par une sous loque. »

L'ironie des propos de l'elfe achève d'énerver Althâr, qui l'agrippe par le col, et les voilà tous deux qui apparaissent en Enfer.

Ils restent bouche bée un court instant.

« Mais c'est quoi ce bordel ? » Déclarent-ils dans un beau concert d'intelligence.

Pendant ce temps, Baal dialogue avec son jardinier.
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MessagePosté le: Dim Oct 05, 2008 23:43    Sujet du message: Répondre en citant

Baal neuve : De l'utilité des ramasseurs de balles

Rétroaction : n. f. 1) Didact. Effet rétroactif.

Rétroactif : adj. Qui exerce une action sur ce qui est antérieur, sur le passé.


Il n'est plus de minute, il n'est plus de seconde. L'éternité règne. Une éternité de lassitudes.

Ainsi pense la Mort, seul dans l'immensité des sphères, désertée par les vivants. Le froid stellaire ne le touche pas, le silence ne l'atteint pas. Il est assis, seul, démesurément seul, sans plus personne aux côtés de qui marcher, sans plus aucun démon pour le divertir, sans aucune âme à faucher, ni qui que ce soit pour avérer son sourire immémorial.

Non pas qu'il cherche quelqu'un avec qui discuter. Après tout, il ne parle pas. Il n'en a pas le droit. C'est dans les règles du multivers. Règles qu'il a lui-même édictées un jour, voilà une éternité plus tôt.

Il porte son regard tout autour de lui et ne contemple plus aucune étoile, plus aucun trou noir, plus aucune trace de matière. Tout a disparu. Oh, pas d'un seul coup, bien évidemment, cela n'aurait pas été normal, mais lentement, seconde après seconde, milliard d'années après milliard d'années. Le lent processus du temps a fait son oeuvre et l'entropie a finalement bien gagné ce combat. De toute façon, cette victoire était inéluctable. Et la Mort connaissait le fin mot de l'Histoire.

Les alentours ne sont même plus, qu'il contemple pourtant. La scène semble si vieille... Il flotte comme une odeur rance de création morte, non pas ratée, mais disparue, tout simplement partie. Comme une mélancolie universelle partagée par un seul être, le seul être qui soit encore, au temps et à l'espace, suffisamment présent pour contempler la fin.

La Mort se plaît à regarder tout ce vide à ce moment. Pas par plaisir, ce qui serait pervers et mesquin, ni encore par sentiment du devoir accompli. Car, après tout, il est la Mort, et la Mort se doit de faire mourir tout ce qui a été, est et sera. Non, c'est, tout au contraire, un plaisir triste, mélancolique, comme celui que ressent quelqu'un à la fin ou au début d'une oeuvre, quand tout se confond et que les possibilités semblent infiniment vastes, infiniment belles, infiniment possibles. Ce même plaisir étrange qui fait dire que là, il y avait une planète entièrement recouverte d'eau dont les habitants étaient exclusivement des animaux sub-terrestres. Que là, il y'avait cette Taverne où tout a commencé pour Aman. Que dans cette direction s'élevaient les plus hautes et belles montagnes du multivers. Qu'un jour cette place avait été la plus belle du multivers. Et que tout cela n'est plus.

Dans ce vide absolu, la Mort se déplace vaguement, sans prêter attention à rien, son sourire inamovible ne reflétant plus grand-chose.

Il serait possible de gloser des heures sur le vide, sur ce concept assez effrayant pour la pensée humaine, presque insaisissable même, mais cela n'est pas le propos. Pourtant, à ce moment précis, l'odeur du vide change, si cela est possible. Du moins, la perception qu'en avait la Mort change.

Quelque chose de jeune, de neuf, flotte dans l'air. Comme si tout était encore possible, à venir, comme si quelque chose attendait une réponse. Comme si là sera une planète totalement recouverte d'eau aux habitants sub-terrestres. Comme si là il y aura une Taverne où tout commencera pour Aman. Comme si un jour cette place sera la plus belle du multivers.

Etrangement, le sourire de la Mort semble vrai. Et le voilà qui claque des doigts.

Une étincelle, aucun son, un peu d'énergie dans un volume pas plus grand qu'une tête d'épingle.

La Mort claque des doigts.

Bang.

Parmi les nombreux bonus qu'avait reçus Baal lorsque sa feuille de personnage lui était revenue se trouvait une très grosse bonification en intelligence. Pour les quelques fous qui auraient lu cette affligeante prose depuis le début, cela ne change en rien le fait qu'à l'origine Baal était supérieurement intelligent. Au contraire même.
Chez un crétin congénital résultat de générations de consanguinité, dont l'éducation se serait limitée à regarder une latrine plusieurs heures par jour, tous les jours de l'année, chaque année, un bonus en intelligence se fait immédiatement sentir. En effet, le bonus appliqué à une telle personne lui permet de comprendre subitement que deux multipliés par deux font quatre, et d'en saisir les conséquences.

Chez un être tel que Baal, le problème est tout autre. Il faut un réagencement complet de la structure cérébrale du démon. Il est nécessaire d'opérer une destruction/reconstruction des schémas de pensée, des habitudes qui se sont installées là depuis des siècles. Autant dire, pour donner un exemple parlant, qu'il faut réussir à faire comprendre, appliquer, démontrer et utiliser la théorie des quantas (toute la théorie des quantas, des cordes au mistigri) à Isaac Newton ou Sharon Stone. Un joli grand écart à accomplir. [Hum...]

Et un saut pareil ne se fait pas en un jour. Enfin, pas tout à fait. Pendant tout son périple, les synapses de Baal ont opéré leur bizarre alchimie, ses neurones ont changé, muté, son esprit aussi, et à l'instant où il pénètre dans le bureau, ce savant changement est terminé, et d'un seul coup, Baal comprend. Aussi n'a-t-il pas vraiment le temps d'être surpris.

Rétroaction.

Astaroth est un prince démon. Il s'est autoproclamé tel voilà si longtemps qu'il ne doit plus rester grand monde d'assez vieux pour s'en souvenir.
A l'époque, il avait eu les moyens de sa politique : puissance, volonté, brutalité, mais aussi ironie, délicatesse, tact et style approprié à une carrière pareille. Aussi avait-il bien vite rajouté à la liste de ses titres qu'il était le bras droit du patron. Un des, plus précisément, parce qu'il n'avait pas envie de se coltiner deux ou trois brutes épaisses qui possédaient également cette distinction sur leur curriculum vitae.

De cette façon, Astaroth a pu observer depuis des siècles le mécanisme de reproduction, ou plutôt de rajeunissement, des élites : un démon un peu plus puissant que la masse normale se lève et massacre joyeusement un des bras droits du chef pour prendre sa place. Jamais lui, évidemment : très tôt, il a saisi le grand intérêt de la communication et de l'entretien d'une image effrayante et susceptible de dissuader des morveux de venir lui chercher querelle. Et puis, aussi, plutôt que de rester à dormir sur sa couronne, il a continué à rire un peu partout, à semer la mort et la destruction où il le pouvait, parce que, au final, c'est assez marrant.

Pourtant cette fois-ci, tout a été différent. Bien trop différent et Astaroth est par trop intelligent pour sortir de son trou au moment où Baal passe, porteur de malemort et de violence, la Mort ricanant à ses côtés, tandis que l'orchestre de Jéricho trompette un peu en arrière. Astaroth a laissé passé l'orage, comme il l'a souvent fait au fil des éons, et finalement, ne s'extirpe de sa cachette que maintenant, pour contempler les ruines de ce qui, quelques instants plus tôt, était son monde.

« On continue de suivre les traces ?

- Ca a quand même l'air beaucoup plus marrant par là.

- J'sais pas, je n'ai pas envie de perdre mon temps ici, tu vois. J'ai des responsabilités moi, tu sais, Celim, je ne suis pas oisif, j'ai une fille, des choses à faire...

- C'est bon, c'est bon, on suit les traces alors. Abdique Celimbrimbor avant même de combattre.

- Et puis, tu ne t'es pas assez amusé dans les jardins ? Qu'est-ce que t'as mis à ce pauvre chien tricéphale.

- Bof.

- Je ne te savais pas si cruel.

- Bof.

- Bon, on continue ?

- Ouais. » Soupire le mage.

Il commence à marcher un peu en avant d'Althâr, fatigué de ses soliloques sur ses responsabilités à la Chimère. Depuis qu'ils ont quitté les jardins, il s'ennuie, aussi s'abime-t-il dans ses pensées.

Une barre de métal d'environ un mètre cinquante d'épaisseur et de trente centimètres de large s'abat violemment sur sa figure et l'envoie voler paisiblement à quelques cent mètres plus loin.

Astaroth exulte.

Althâr pouffe doucement.

Celimbrimbor plane, plane, tombe.

Le temps recommence à s'écouler.

« Vous entrez sur les terres du prince démon Astaroth, serviteur du tout puissant Baal ! Même pour les princes démons le vent tourne, ne peut-il s'empêcher de penser. Trépassez, mortel !

- Hem... Alors, juste pour préciser, on n'est pas à proprement parler mortels, Asty, nous en veut pas. Explique Althâr. Ensuite, est-ce que tu peux me dire pourquoi t'as pas commencé à courir ?

- Comment ?

- Je t'explique. Le type que t'as envoyé là-bas, et je ne sais pas encore pourquoi il n'est pas revenu, ça ne va pas lui plaire, tout ça. En plus, c'est mon pote : donc, ça ne me plaît pas non plus. Capicce ?

- Pardon ? Astaroth, pour paraître plus impressionnant, prend son apparence de démon, s'enflammant littéralement de la tête aux pieds. Vous trépasserez si vous ne faites pas allégeance à Baal !

- Très bien, souffle très vite le nain en soupirant. T'es vraiment très mal barré Asty. »

Et le prince démon d'abattre de toutes ses forces son braquemart de métal sur la tête d'Althâr Anthaar qui, pour lui faire plaisir, hurle une petite seconde de frayeur, avant de saisir la poutre, de l'arracher à la poigne du terrifiant démon, et de la briser en deux.

La flamme qui recouvre Astaroth s'éteint.

Son teint devient blafard.

Althâr sourit.

Celimbrimbor aussi.

« Mais ? » Miaule le terrifié démon.


Un clignement d'yeux plus tard, Althâr et l'elfe reprennent leur chemin (tout droit) en discutant gaiement, laissant Astaroth à sa place.

Empalé sur la poutre, les bras écartés étrangement tandis que ses jambes sont tordues en plusieurs angles absolument pas naturels. L'autre morceau de la poutre empêche d'entendre les hurlements de douleur qu'il pousse sous l'effet du feu qui dévore ses entrailles qui se reconstituent au fur et à mesure qu'elles brûlent. Ses yeux crevés par ses deux propres cornes recourbées par une force insane jusqu'à ses globes oculaires laissent échapper des torrents d'un liquide noir comme les gouffres qui attaque sa chair dans un sifflement presque réjoui, tandis que sa peau se pèle doucement en lambeaux qui viennent se tresser en de fines cordelettes qui le fouettent avec violence, jusqu'à ce qu'il soit temps qu'elles deviennent corde pour le pendre, quand ses souffrances seront échues.


Pendant ce temps Baal est assis à son bureau dans la pièce qui lui sert depuis toute éternité de quartier général à l'Enfer, et d'un claquement de doigts presque distrait et dédaigneux déclenche l'incendie qui va ruiner la bibliothèque.

Qui va ruiner la bibliothèque dans le passé. Qui va provoquer son renvoi. Qui va l'inciter à récupérer sa feuille de perso et en cocher, enfin, les cases, toutes les cases, pour aller se venger du Boss. Qui va lui faire comprendre qu'en fait, le Boss, c'était lui. Depuis toujours. Qui va lui rappeler que si en cet instant précis il n'engendrait pas un feu à ce moment-là de son passé, il n'aurait d'ici à maintenant pas le pouvoir de créer, alors que ces lignes sont écrites, l'Enfer, il y a encore plus longtemps.
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MessagePosté le: Lun Mai 04, 2009 11:07    Sujet du message: Répondre en citant

Dixième Baal : Apocalypse Two Minutes Ago

Le silence enveloppe l’Enfer de sa chape de plomb. Il n’est plus de son. Ce mutisme n’est pas celui, incroyable, de l’expectative, d’une foule retenant son souffle et attendant un grand événement. C’est un silence de mort, un silence agressif, dans un certain sens, comme celui des sauvages plaines où vivent les plus terribles prédateurs. Pourtant ici il n’est pas de plaine, il n’est pas de steppe, il n’est pas de jungle. Seulement les décombres chaotiques d’un monde qui vient de s’effondrer. Baal est déjà passé en ces lieux, leurs blessures en témoignent avec douleur. Des pierres gisent, ça et là, morceaux déchirés avec violence d’un pan de mur ou d’une cheminée. Des membres arrachés à leur corps jonchent les rues sans pudeur, étalant un peu partout des fleurs qui rougeoient en flaques visqueuses et luisantes ou bien tournant déjà à ce brun foncé que revêt le sang quand il est depuis trop longtemps exposé à l’air. Ce charnier dispersé à ciel ouvert dégage une odeur insoutenable aux âmes pusillanimes. De rares bâtiments tiennent encore debout, portes et fenêtres béantes, explosées parfois, d’où cotonne lentement une fumée noire aux insensés reflets jaunes, à l’aspect mortel, létal, jouant de façon morbide à masquer des cadavres étranges pendus aux rebords dans un ultime effort pour se sauver. La Mort les a saisis, non par surprise, mais ils sont tous figés dans des postures bizarres, que même leurs corps démoniaques n’auraient pas pu prendre naturellement. Les traits crispés des visages visibles sont affreusement déformés, et leurs gueules déchirées en d’inconcevables mimiques semblent pousser des cris qui, par un mystérieux phénomène d’écho, résonnent encore et encore dans la vallée de l’Enfer, rebondissant contre des murailles invisibles. Prisonniers ici, ils emplissent l’endroit d’un tohu-bohu assourdissant qui sonne dans le silence à présent brisé comme des pleurs et des grincements de dents affreusement déformés, comme si le feu, qui brûle ça et là de tristes éléments de cette improbable scène, parvenait à chatouiller les ondes sonores. Il dévore tout, prenant son temps pour parcourir presque amoureusement les courbes sulfureuses des ruines de ce qui demeure malgré tout l’Enfer, et son ouvrage sera bientôt fini, tant la catastrophe, tout sauf naturelle, qui a ébranlé cet endroit, s’est révélé destructrice.

La flopée de charognards difformes qui, jusque là, becquetait avidement les corps flanquant la place, s’égaille dans une même envolée de plumes quand, soudain, Althâr et Celimbrimbor sortent d’un bâtiment qu’ils viennent de visiter. Leur allure tranche avec l’atmosphère de recueillement qui s’installe à présent que le mage a dissipé le sort qui faisait s’échouer les cris des défunts. Ils semblent tous les deux contrariés par quelque chose et parlent fort en gesticulant beaucoup :

« Non ! Non, on n’a pas le temps de faire un bowling avec les restes des démons ! S’époumone l’elfe.

- Mais…

- Alors tu vas me faire le plaisir d’ôter tes doigts des orifices de cette caboche et…

- Mais…

- Et de bouger un peu ! Je veux du sang ! »

Et les charognards, qui volent un peu plus loin, d‘exploser en un feu d’artifice de fluides corporels divers.

« Si tu le prends comme ça, abdique le nain.

- Oui ! Oui je le prends comme ça ! On est en Enfer, nom d’un chien ! En Enfer et pas encore le moindre machin, truc, chose…

- Démon, corrigea l’autre.

- Démon, oui, si tu veux, bref, pas la moindre victime à massacrer !

- En même temps, on n’est pas vraiment là pour…

- JE – VEUX – DU – SANG ! » Hurle Celimbrimbor en détachant les mots soigneusement.

La frustration qu’Althâr lit alors dans les yeux de son vieil ami l’empêche d’ajouter quoique ce soit, et finalement il lâche la tête qu’il tenait en main.



Ou plutôt, il l’envoie percuter les bâtiments en face de lui.

« Strike ! » Crie-t-il en sautant de joie.

Celimbrimbor ne daigne rien répondre et emboîte le pas au nain qui exécute une petite danse de la victoire en se dirigeant vers les deux seules constructions encore intactes du plan.

Au bout du chemin se dresse effectivement ce qui, à distance, semble être le palais du maître des lieux ainsi qu’un second bâtiment, moins imposant mais tout aussi antique. Ils avancent d’un bon pas, cherchant vainement à se préoccuper d’éventuels pièges tendus par des démons agressifs et violents comme ce joyeux drille d’Asmodée. Pourtant, il n’est pas d’âme pour venir les inquiéter et finalement ils s’intéressent à l’architecture des ruines qui bordent la voie.
Peu de monde le sait, mais l’Enfer demeure un plan fastueux et exceptionnellement beau. De fait, au cours des temps et au long du multivers, de nombreux architectes, dessinateurs, peintres, constructeurs, ont échoué ici, parfois côté torture, parfois côté délices (car l’Enfer n’est pas un plan monolithique, mais propose tant un repos bien mérité à ceux qui le méritent qu’un châtiment approprié à ceux qui l’ont cherché), et ont souvent participé à l’érection des splendeurs de l’Enfer. Il faut avoir vu les allées à colonnades dont les bas-reliefs évoquent les grandes batailles des temps passés et à venir, pour saisir un peu la maestria avec laquelle ces artistes ont décoré les lieux. Car ce plan, hors quelques endroits précis et prévus à cet effet, est tout sauf un plan infernal. Le rouge souvent s’estompe en des myriades d’autres couleurs, et précisément sur ce chemin que parcourent les deux êtres, l’Enfer ressemble moins à ces gravures qui décorent les livres qu’à un décor verdoyant, où coulent quelques rivières et où le ciel bleu surplombe de nombreux arbres aux essences multiples. Même le passage de Baal n’a pas réussi à altérer l’harmonie qui règne ici et ainsi Althâr et Celimbrimbor se trouvent dans un paysage qui semble l’Arcadie rêvée des hommes.
Autour d’eux se révèlent des temples majestueux aux portiques qui ont dû être imposants, comme en témoignent des ruines nombreuses mais en bien piètre état. Sur les pierres antiques, des scènes incroyables se jouent, avec tant de réalisme que certaines figures paraissent se mouvoir sur le minéral inanimé. Loin des odeurs de charnier de tout à l’heure, l’herbe grasse et les fleurs qui bordent le chemin dégagent des effluves doux et de complexes mais agréables fragrances.

Ils arrivent alors devant la gigantesque façade de la bibliothèque, au pied des portes des Archives Infernales, grandioses, magnifiques, //intactes//. Althâr et Celimbrimbor restent muets devant une telle beauté. Le portique des archives s’élève à plus de vingt mètres de hauteur, soutenu par simplement deux colonnes lançant délicatement des arcs audacieux et entrelacés pour venir assurer l’assise du lourd ouvrage. Sur la grande surface de marbre, gravées par un maître, des lettres annoncent la fonction de l’endroit, tandis qu’en-dessous, en caractères plus petits, une phrase énonce la philosophie de ces Archives : « Tous les savoirs passés, présents et à venir, pour tous, à tout moment. ». Pour décorer les contours de ce fronton, plutôt que de dessiner des frises compliquées et peu visibles d’en bas, les constructeur semblent avoir opté plus simplement pour un relief droit, sorte de petite corniche en marbre qui souligne le propos et s’orne en quelques points de petites fioritures sans prétention.
Sous ce fronton, le vide des colonnes et des entrelacements et, surtout, le vide de quatre niches immenses dans lesquelles dorment des statues non moins grandes, représentant la Mort, le Savoir, l’Amour et la Patience. Ces effigies, d’environ dix mètres de haut, surplombent le visiteur sans les toiser pourtant de leurs regards inchangés depuis des millénaires, l’accueillant, plutôt, avec presque un léger sourire de contentement au coin des lèvres. Telles les divinités tutélaires de la sagesse, elles trônent paisiblement, invitant quiconque à rentrer d’une main amène. Même la Mort semble calme et serein (c’est un homme) en ce lieu si tranquille.
Celimbrimbor franchit le premier le double battant des Archives sans se préoccuper de savoir si Althâr le suit ou non. De toute façon, il le suivra, il le sait. Tout deux souffrent de la même soif atavique de connaissance, le nain plus encore sans doute que le mage. Tout deux alors se perdent pendant quelques temps dans ce temple du savoir, parcourant les rayonnages avec avidité, dévorant ouvrage sur ouvrage, vérifiant des connaissances qu’ils avaient depuis longtemps, en avérant certaines qu’ils avaient induites d’observations minutieuses ou d’éclairs de compréhension géniaux.
Ils ont bien du mal à en sortir et, quand, finalement ils sont dehors, ils ne peuvent s’empêcher de se retourner, rêveurs, vers cet ouvrage incroyable. Pourtant, il ne leur faut pas y rester, et ils savent tous les deux que les attend quelqu’un, autre part.

Ils reprennent alors leur chemin, mais pour un temps beaucoup moins long. Ils en profitent cependant pour admirer la voute céleste et les constellations qui s’offrent à eux grâce à la nuit sombre mais sans nuage. Etrangement, Celimbrimbor sourit, comme par anticipation de quelque chose. Althâr fredonne doucement une chanson reposante. Le tableau serait presque touchant, et touche rapidement à sa fin : les voilà devant la porte d’entrée de la demeure de l’Innommable.
Ils se regardent un instant, comme s’ils hésitaient, et Althâr pose la question :

« Tu vas la défoncer à coup de boule de feu ?

- Non, pas envie.

- Avec autre chose ?

- Non, vraiment, non, pas envie.

- A coup d’épaule alors ?

- Non plus.

- Tu ne vas donc pas la détruire ?

- Pas du tout.

- Très bien. Alors, si tu permets… »

Et le nain de poser la main sur le loquet et de pousser la porte.

Les voici entrés dans le hall de la résidence du grand maître du Plan, et ce qui saute aux yeux, à cet instant, ce n’est pas la décoration intérieure ou le goût exquis dont elle pourrait témoigner, mais les cadavres éparpillés un peu n’importe comment, un peu partout aussi, dans la pièce.

« Baal est passé par ici, dirait-on. Soupire Celimbrimbor.

- Déçu ?

- D’une certaine façon, oui. Les cadavres disparaissent de la salle qui se nettoie d’un seul coup. Je n’aurai toujours pas eu de sang.

- Reste calme. Baal est là haut ?

- Oui, tu l’as senti ?

- Je te rappelle que je suis lié à lui.

- Oh, oui, j’oubliais presque. Enfin, plus pour longtemps, non ?

- Que non. »

L’air de rien, ils se téléportent devant la porte du bureau privé dans lequel Baal les attend. Du moins, ils supposent tous les deux que Baal les attend, même s’ils n’en savent pas grand-chose. Baal est un grand démon, il fait ce qu’il veut, à plus forte raison s’il est désormais le maître incontesté des Enfers. Pourtant, même en sachant qu’il risquait d’être absent à leur arrivée, ils ont préféré venir directement ici, considérant qu’il s’agissait du moyen le plus rapide et le plus propre pour le trouver, plutôt que de devoir retourner l’Enfer pierre par pierre et n’en laisser après leur passage que des ruines fumantes.
Ce qui explique aussi pourquoi Celimbrimbor fulmine. Ils ont réglé la question sur un bête jeu de hasard, et l’elfe avait perdu, laissant finalement à Althâr le choix de la méthode. Et le nain étant parfois un partisan du moindre effort…
Quoiqu’il en soit, ils sont à présent devant la porte simple.

« Celim ! Regarde ! Althâr se précipite sur un ouvrage traitant de l’alchimie à travers les plans. Le légendaire //De Opera Magna// ! »

Le mage soupire. Ses sens lui apprennent que le démon est de l’autre côté de la porte. Qu’il les attend avec un léger sourire aux lèvres. Que la Mort est toujours à ses côtés. Que les joueurs des trompettes de Jéricho gisent égorgés à ses pieds.

L’elfe sourit de son air le plus carnivore, pousse la porte, et entre.
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MessagePosté le: Lun Mai 04, 2009 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

Onzième Baal : Le Choc des Titans

Le démon observe son ennemi fermer la porte avec douceur et précaution, comme s’il ne voulait pas abimer les précieuses gravures figurant sur le bois. Puis il le laisse contempler un instant les tapisseries soignées, les ouvrages lourds de connaissances pesant sur les étagères et les tapis aux dessins compliqués. Finalement, quand l’autre s’arrête devant son bureau, le regard serein et l’allure paisible, il prend la parole :

« Vous êtes Celimbrimbor. Vous êtes l’elfe qui m’a asséné ce coup de poing mémorable tout à l’heure. Et vous êtes en transition en ce multivers. Composé de magie pure. Le nain que vous avez laissé derrière vous se nomme Althâr Anthâar. Alchimiste et magicien très puissant également. Stratège redoutable et érudit passionné. Vous comptez tous deux parmi les êtres les plus capables, puissants et fous, à votre manière, du multivers. Votre mort n’est pas inscrite dans l’Histoire. Et je ne prétends pas être capable de vous terrasser.

- Pourtant… Continue un Celimbrimbor laconique.

- Pourtant, il est hors de question que je me rende sans combattre. Et quand bien même en aurais-je l’intention qu’à lire vos yeux je me doute qu’il me faudra en découdre.

- Oui. Cela me déplaît, pourtant, d’une certaine façon.

- Vous êtes un monstre, Celimbrimbor.

- Vous avez tort, Baal. »

Le souffle de glace atteint l’elfe avant qu’il ait fini sa phrase. Cela ne l’empêche pas de la conclure sans encombre, le sort n’ayant aucun effet sur les défenses puissantes qu’il a dressées en observant le bureau.

Lui comme le démon sait que la bataille ne se jouera pas sur la maîtrise des élémentaires. Non plus qu’elle ne sera déterminée par l’encyclopédie de sorts que l’un, comme l’autre, pourrait utiliser. Aussi Celimbrimbor fait-il apparaître une lame scintillante comme l’argent dans sa main droite et se précipite-t-il sur Baal.

Le maître des enfers pare le premier assaut d’un revers de dague presque négligeant, son autre main se changeant en poinçon démesuré pour transpercer une image de Celimbrimbor qui s’est déjà transporté quelques pas en arrière. Un instant plus tard, il apparaît derrière l’archi démon pour lui asséner un coup vertical puissant qui vient de fendre le bureau, tandis que la senestre de Baal, plaquée contre son torse, invoque une puissante boule de feu qui précipite l’elfe violemment contre une des étagères du fond de la pièce. Celui-ci a pourtant la ressource d’envoyer une volée de traits glacés sur son adversaire, qui les esquive sans mal et se retrouve au point de chute de l’elfe, les bras écartés et la gueule grande ouverte pour l’accueillir.

Le coup de pied qui le frappe fait exploser son nez dans une rapide gerbe de sang. Sans montrer aucun désarçonnement, il réplique immédiatement en le saisissant par le pied et en envoyant Celimbrimbor à travers la pièce tel un lutteur. D’un sort rapide, il s’assure une réception confortable pour ne pas quitter des yeux le démoniaque individu qui s’est déjà soigné et est en train de faire apparaître une lance qui grésille de puissance. Un juron s’échappe des lèvres de l’elfe : il n’a jamais prévu d’artefact de bataille, n’en ayant jamais possédé. Il se rétablit et époussète sa chemise. Le premier assaut n’aura pas servi à grand-chose, si ce n’est à vaguement éprouver les forces en présence. Il grimace intérieurement : voilà longtemps qu’un adversaire ne lui avait opposé pareille résistance.

Baal, de son côté, fait tout son possible pour ne pas paraître essoufflé. Les sortilèges qu’il a utilisés, les défenses qu’il a mises en place, la vitesse avec laquelle il a enchaîné tout cela, l’épuisent. Ses réflexes sont soumis à très rude épreuve, et l’invocation de la lance des ténèbres n’est pas sans conséquence sur son organisme. Il est certes une réserve de puissance, mais le fait que l’autre ne transpire pas une goutte commence à l’inquiéter. Pourtant l’exaltation de la bataille court dans ses veines comme jamais elle n’a couru. Mieux que cela, tout au fond de lui, loin en son être, quelque chose de neuf s’est éveillé. Quelque chose qui lui hurle qu’il ne veut pas mourir. Alors, mystérieusement, un sourire éclaire son visage.

L’elfe se raidit lorsqu’il le voit et se prépare au choc qui ne tarde pas à survenir. Le démon s’est déplacé plus vite que le son, et Celimbrimbor ne cesse depuis le début du combat de passer de niveau de conscience en niveau de conscience afin de ne le pas perdre de vue. Il arrête la pointe de la lance à mains nues. Le sourire renouvelé sur la face du démon lui apprend que ce n’était pas une bonne idée, une picoseconde trop tard pour qu’il puisse réagir. Un puissant courant le traverse, tandis que le poing droit de son ennemi s’abat avec force sur sa figure, lui cassant quelques dents et lui broyant la mâchoire. Coincé contre le mur, il ne peut pas trouver d’échappatoire. Aussi se transporte-t-il plus loin. Du moins essaie-t-il : la lance semble l’empêcher d’user de ses pouvoirs, comme si elle dissociait les particules de magie qui le composent. Il déglutit par réflexe. Cette situation n’est pas bonne. S’il lâche la lance, Baal lui enfonce dans les entrailles. S’il ne la lâche pas, le démon lui détruit le visage petit à petit, jusqu’à finalement exploser son cerveau. Il s’agit donc de miser sur sa rapidité. De toute façon, il n’entrevoit pas d’autre solution, sinon massacrer Baal à coups de pied.

Contre toute attente du démon, il lâche la lance. Cette infime surprise, cette possibilité étant la plus improbable de toutes dans l’esprit de Baal, donne le ridicule temps de latence dont l’elfe avait besoin. Il se retrouve de l’autre côté de la pièce, la face en ruine mais vivant, les mains brulées d’atroce manière, des spasmes incontrôlés agitant tous ses membres. Plutôt que de se soigner, il saute immédiatement à un niveau de perception lui permettant d’agir sur le temps, et ralentit, au prix d’une rare dépense en énergie, celui relatif de Baal. Même si, par sécurité pour lui-même, il ne peut pas maintenir cet effort trop longtemps, cela lui laisse toujours l’opportunité de se soigner correctement.

Et ainsi quand Baal se retourne vers son adversaire, il a la surprise de le retrouver intact, pas même essoufflé, comme si le combat venait seulement de commencer. Le démon regarde alors Celimbrimbor d’un nouvel œil. Leurs réserves d’énergie n’ont rien à voir. Si la sienne est un bassin, celle de l’elfe est une véritable cascade ininterrompue versant dans un océan infini. Baal tremble. Le tour de la lance ne fonctionnera pas deux fois. D’ailleurs, quelque chose lui dit que la lame qui vient d’apparaître dans la main gauche de son ennemi sera pour quelque chose à la fin de son arme.

La valse mortelle reprend, beaucoup plus lente cette fois-ci, l’elfe prenant un soin tout particulier à rester hors de distance de la lance de son adversaire qui, lui, au contraire, essaye de percer cet éloignement.

Et puis soudain, Celimbrimbor rompt, feinte, feinte encore, et d’un pas osé, se retrouve à quelques millimètres du manche abhorré, qu’il brise d’un puissant coup de sa main gauche. Il y laisse son arme, évidemment, sous la puissance du choc, mais plus rien n’est à craindre de cet artefact immonde. En contrepartie, Baal, qui a laissé échapper son arme à l’instant où il a compris qu’elle ne lui servirait plus de rien, appose ses deux mains sur le dos de son adversaire et de deux puissants chocs qui provoqueraient des tremblements de terre, tente de détruire la colonne vertébrale de l’elfe.

Celimbrimbor encaisse le coup sans broncher. Il a cessé de prendre le combat à la légère et ses défenses les plus solides l’entourent sans faille désormais. Son sourire se fait carnassier quand sa main droite vient, d’un revers virulent, presque, frapper le visage du démon.

S’ensuit alors un spectacle incroyable où l’elfe semble être partout à la fois, se renvoyant Baal à lui-même, l’assommant de coups plus surpuissants les uns que les autres, anticipant les moindres contremesures du maître des enfers qui gémit de douleur sous le déluge. Pourtant il n’a pas épuisé les dernières de ses ressources et réussit un instant à se croire tiré d’affaires quand il tente de se transporter loin de Celimbrimbor. La muraille magique à laquelle il se heurte lui apprend que l’elfe s’est assuré que personne ne quitte l’aire de combat. Il ne reproche pas, bien au contraire. En aurait-il eu la puissance et la possibilité, il l’aurait également fait. Un sourire amer tord ses lèvres quand un coup plus puissant que les autres lui brise les côtes dont plusieurs viennent lui perforer les poumons. Il sait que, sans répit pour se soigner, il ne pourra pas se rétablir correctement. Il essaie néanmoins, en désespoir de cause.

Et puis la trombe s’interrompt, et Baal de n’en pas comprendre la raison. Il est au milieu de la pièce, en lambeau, déchiré, saignant par tous les pores de la peau, à l’agonie déjà, mais tout s’est arrêté. Il est à peine suffisamment conscient pour commencer à se régénérer, en priorité sa cage thoracique, qui menace son existence tout autant que l’elfe.

« Vous avez perdu, Baal. »

Ce n’est même pas une question. Les yeux du démon contemplent le plafond et des larmes de frustration apparaissent dans leurs coins. Il avait compris, pourtant.

« Vous avez vaillamment combattu. »

Il lui avait assené des coups qui abattraient des montagnes et lui n’avait pas bronché. Où « vaillamment » ?

« Ce fut un combat dont je me souviendrai. »

Mais que foutre !

La pensée du démon déchire l’espace et le temps dans le multivers, sous le regard attentif de Celimbrimbor.

Que foutre ! Il ne veut pas mourir !

La Mort apparaît dans la pièce, son sempiternel sourire vissé sur les lèvres. Il ne mourra pas.


Celimbrimbor se penche auprès du démon et de sa main gauche effleure délicatement le visage de ce dernier, pour lui fermer les yeux et essuyer ses larmes. Baal est mort. L’elfe nettoie le corps d’un sort paisible, et redonne au démon l’apparence qu’il avait quand il est entré dans le bureau : grand, noble, beau, puissant, magnifique et serein.

Baal est mort.








[Non, mais, sérieusement, vous auriez vraiment voulu que cela se passe comme ça ?]
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Chimérien du Corps du Lion,
Mister Daifen 2007,
Maître Alchimiste du Royaume Disparu des Illusions
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